Microrecensement formation de base et formation continue, en 2021
Microrecensement formation de base et formation continue, en 2021

Microrecensement formation de base et formation continue, en 2021

Non-participation à la formation continue

En 2021, près de la moitié de la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans a indiqué ne pas avoir suivi de formation continue dans les douze mois qui ont précédé l’enquête. Dans 29% des cas, la dernière formation remontait même à cinq ans au moins. Ce dernier cas de figure est très répandu surtout chez les personnes ayant un faible niveau de formation, chez celles qui n’exercent pas d’activité professionnelle et celles qui ont entre 55 et 64 ans. Ce constat ne doit toutefois pas faire oublier qu’une grande partie des personnes qui n’ont pas récemment suivi de formation continue participent néanmoins pleinement à la vie professionnelle, qu’elles sont titulaires d’au moins un certificat du degré secondaire II et ont moins de 55 ans.

Parmi les personnes interrogées qui n’ont participé à aucune formation ou formation continue au cours des douze mois précédant l’enquête, un peu moins de 30% auraient souhaité le faire, 40% ont déclaré ne pas en avoir besoin et un peu plus de 30% ont indiqué d’autres raisons pour leur non-participation. Au nombre des motifs d’empêchement les plus fréquents, il y a le manque de temps, le coût trop élevé et les contraintes familiales. La pandémie de COVID-19 a également contrarié les vœux de formation ou de formation continue de nombreuses personnes en 2021.

La formation continue permet d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences ainsi que de rafraîchir et d’approfondir les acquis. Elle a pour but de maintenir et d’augmenter les chances sur le marché du travail et la capacité de participer à la vie sociale ainsi que de favoriser l’épanouissement personnel.

La statistique sur la formation continue renseigne sur le niveau général de participation à ce type d’enseignement ainsi que sur les taux de participation de groupes spécifiques de la population. Ses résultats, exprimés en pourcentage, montrent par exemple que les personnes qui ont un niveau de formation élevé se forment davantage que celles qui ont un faible niveau de formation; que les personnes qui exercent une activité professionnelle sont plus actives en matière de formation continue que celles qui n’en exercent pas; que les taux de formation continue diminuent nettement à partir de l’âge de 60 ans Voir par exemple Office fédéral de la statistique (2022): La formation tout au long de la vie en Suisse. Résultats du microrecensement formation de base et formation continue 2021. OFS, Neuchâtel. .

Les données clés sur la formation continue sont généralement collectées par le biais d’enquêtes représentatives réalisées auprès de la population et se réfèrent aux quatre semaines ou aux douze mois qui précèdent l’enquête. Cet horizon est élargi dans la présente publication, à savoir que des informations sont incluses concernant des personnes dont la dernière formation continue remonte à plus de douze mois. Il est ainsi possible de déterminer les groupes de la population où la part de personnes n’ayant pas suivi de formation continue depuis longtemps est particulièrement grande (chapitre 1). Une analyse est présentée sur la composition des groupes de population qui se sont formés pour la dernière fois il y a respectivement deux à quatre ans et cinq ans ou davantage (chapitre 2). Le troisième chapitre est consacré aux souhaits de formation continue de ces personnes. Le quatrième et dernier chapitre enfin traite des obstacles à la participation.

Les résultats se basent sur le microrecensement formation de base et formation continue réalisé en 2021. L’analyse porte sur la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans).

Microrecensement formation de base et formation continue (MZB)

L’enquête fournit des informations sur le comportement en matière de formation et de formation continue de la population résidante permanente de la Suisse de 15 à 74 ans. Il s’agit d’une enquête par échantillonnage réalisée tous les cinq ans dans le cadre du recensement de la population.

L’enquête a été réalisée d’avril à juin 2021, en trois langues (allemand, français et italien). L’OFS a tiré au hasard 31 939 personnes à partir du cadre d’échantillonnage établi pour les enquêtes auprès des personnes et des ménages (SRPH); 18 298 personnes ont répondu aux questions posées. Afin de tenir compte du plan d’échantillonnage et des non-réponses, l’échantillon a fait l’objet d’une pondération et d’un calage.

1. Date de la dernière formation continue

Près de la moitié de la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans a indiqué avoir suivi une formation continue dans les douze mois qui ont précédé l’enquête (voir graphique G1). Pour près de 20%, la dernière participation remonte à un à quatre ans, tandis que 29% n’ont plus suivi de formation continue depuis cinq ans ou plus. Un peu moins de 3% des personnes interrogées ne se rappelaient plus quand elles avaient participé à leur dernière formation continue. L’enquête ayant été réalisée au deuxième trimestre 2021, il faut tenir compte du fait que la période de référence, qui couvre les douze mois précédents, englobe de longues périodes où l’enseignement en présentiel n’a pas été possible en raison de la pandémie de COVID-19. Il en découle que de nombreuses personnes ont dû renoncer à une formation continue (voir chapitre 4).


Le graphique G2 montre la date de la dernière participation à une formation continue, ventilée selon différentes caractéristiques sociodémographiques et économiques.

Il n’y a guère de différence entre les femmes et les hommes à cet égard. On note en revanche des tendances nettes si l’on considère l’âge. Plus l’âge augmente, plus la proportion des personnes qui ont suivi une formation continue au cours de l’année précédant l’enquête diminue et plus la part de celles qui n’ont participé à aucune formation depuis cinq ans ou davantage augmente.


Quant aux personnes qui ont suivi une formation formelle dans les douze mois ayant précédé l’enquête, bon nombre d’entre elles ont également participé à une formation continue pendant cette même période; seuls 9% n’avaient plus pris part à une formation continue depuis au moins cinq ans. Ce pourcentage était nettement supérieur chez les personnes qui avaient achevé leur formation la plus élevée cinq ans auparavant ou davantage.

On note également des différences selon le niveau de formation. Plus celui-ci est élevé, plus la dernière formation continue est récente. Plus de 50% des personnes qui ne sont pas allées au-delà de la scolarité obligatoire n’ont pas suivi de formation continue dans les cinq ans qui ont précédé l’enquête. C’est ce groupe qui comprend également la plus forte proportion (10%) de personnes n’ayant pas répondu à la question sur la date de la dernière formation continue.

Les autres groupes qui présentent des pourcentages particulièrement élevés de personnes n’ayant participé à aucune formation continue au cours des cinq dernières années sont les personnes non actives Pour les définitions relatives au statut sur le marché du travail, voir l’annexe. (55%), les personnes en situation de handicap Dans la présente publication, le handicap est déterminé sur la base des troubles physiques et psychiques ressentis par les personnes concernées elles-mêmes et qui les gênent dans leur quotidien.  (44%) et les personnes issues de la migration de première génération Pour les définitions relatives au statut migratoire, voir l’annexe.  (35%).

2 Composition de la population selon la date de la dernière formation continue

Dans le chapitre précédent, il a été démontré qu’il existe une corrélation entre différentes caractéristiques sociodémographiques ou économiques et la date de la dernière formation continue. Le présent chapitre s’intéresse à la composition de la population qui n’a pas suivi de formation continue au cours des douze mois qui ont précédé l’enquête, avec une distinction entre les personnes dont la dernière formation remonte à un à quatre ans et celles dont elle remonte à cinq ans ou davantage.

Sexe

Les femmes et les hommes sont représentés à parts égales dans les deux groupes étudiés, ce qui reflète l’image de la répartition des sexes dans la population globale (voir graphique G3).


Âge

La répartition par âge dans le groupe des personnes dont la dernière formation continue remonte à un à quatre ans est analogue à celle dans l’ensemble de la population (voir graphique G4). Les 25 à 34 ans y sont toutefois nettement surreprésentés, alors que c’est l’inverse dans le groupe des personnes qui n’ont pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années, où c’est la proportion des 55 à 64 ans qui est relativement élevée (34% contre 25% dans l’ensemble de la population).


Personnes en situation de handicap

Les personnes avec handicap sont nettement surreprésentées dans le groupe n’ayant pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années (21% contre 14% pour l’ensemble de la population âgée de 25 à 64 ans). En revanche, elles ne constituent que 12% des personnes dont la dernière formation continue remonte à un à quatre ans (voir graphique G5).


Statut migratoire

Dans le groupe des personnes n’ayant pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années, 47% ne sont pas issues de la migration; 45% sont issues de la migration de première génération et 8% de la deuxième génération (voir graphique G6). Les personnes issues de la migration sont donc surreprésentées dans ce groupe par rapport à l’ensemble de la population, tandis que les personnes non issues de la migration y sont sous-représentées. Dans le groupe des personnes dont la dernière formation continue remonte à un à quatre ans, la répartition selon le statut migratoire est analogue à celle de l’ensemble de la population.


Date de la dernière formation

Pratiquement toutes les personnes (96%) qui n’ont pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années ont achevé leur formation la plus élevée il y a également cinq ans ou davantage (voir graphique G7).


Niveau de formation

Comme pour les critères du sexe, de l’âge, du handicap et du statut migratoire, l’analyse, selon le niveau de formation, du groupe des personnes dont la dernière formation continue remonte à un à quatre ans reflète l’image de la population générale (voir graphique G8): 13% ne sont pas allés au-delà de la scolarité obligatoire; 35% ont achevé une formation professionnelle initiale, 8% ont obtenu une maturité ou un diplôme d’une école de culture générale, 16% ont terminé une formation professionnelle supérieure et 28% sont titulaires d’un diplôme d’une haute école.

Au chapitre 1, il a été montré qu’environ la moitié des personnes qui ont tout au plus achevé leur scolarité obligatoire ont suivi leur dernière formation continue cinq ans ou plus avant l’enquête (graphique G1). Il s’agit-là d’un peu moins d’un quart (24%) de toutes les personnes qui n’ont plus effectué de formation continue depuis aussi longtemps. Dans ce groupe, 44% ont accompli une formation professionnelle initiale et 9% ont atteint le degré secondaire II. Les quelque 20% restants sont titulaires d’une formation professionnelle supérieure (9%) ou d’un diplôme d’une haute école (14%).

Statut sur le marché du travail

La plupart des personnes (83%) qui ont suivi une formation continue pour la dernière fois il y a un à quatre ans exercent une activité professionnelle, 12% ne sont pas actives sur le marché du travail (personnes non actives) et 5% sont au chômage au sens du BIT (voir graphique G9). Dans le groupe qui n’a pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années, la proportion de personnes non actives est nettement supérieure (26%), 4% sont des personnes au chômage au sens du BIT et les 70% restants sont des actifs occupés.


En résumé, il apparaît qu’il n’y a pas de groupes homogènes, ni pour les personnes qui ont suivi leur dernière formation continue il y a un à quatre ans, ni pour celles dont cette formation remonte à cinq ans. Les personnes sans formation continue récente se rencontrent dans toutes les classes d’âge. Cette situation concerne aussi bien les femmes que les hommes, les personnes avec ou sans handicap, les personnes issues ou non de la migration, les personnes ayant atteint des niveaux de formation plus ou moins élevés, les personnes actives occupées, les chômeurs et les personnes non actives. Eu égard à un grand nombre des critères examinés, la composition du groupe dont la dernière formation continue remonte à un à quatre ans est similaire à celle de l’ensemble de la population. Dans le groupe des personnes qui ont suivi leur dernière formation continue au cours des cinq dernières années, il est surtout frappant de constater qu’elles ont également achevé leur formation la plus élevée il y a quelques années.

Résultats multivariés

Près d’un tiers de la population âgée de 25 à 64 ans n’a pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années (voir chapitre 1). Cet intervalle indique que les personnes appartenant à ce groupe ont rompu à plus long terme avec la formation continue, d’autant plus que pour la plupart d’entre elles, la fin de la formation la plus élevée remonte également à cinq ans ou davantage. Nous avons donc entrepris d’analyser ce groupe de plus près et présentons ci-après les résultats de cette analyse multivariée. Un modèle de régression logistique est utilisé pour analyser la corrélation entre les caractéristiques examinées ci-dessus et le fait de ne pas avoir suivi de formation continue au cours des cinq années précédant l’enquête. Toutes choses égales par ailleurs, cette analyse permet d’identifier les principaux facteurs associés à une augmentation de la probabilité de non-participation à une formation continue pendant cinq ans ou plus (voir tableau T1 dans l’annexe).

L’analyse univariée n’avait guère révélé de différences entre les sexes. La perspective multivariée fait toutefois apparaître que les chances de ne pas avoir suivi de formation continue depuis plus de cinq ans sont de 14% inférieures pour une femme que pour un homme. Cela signifie que, même en tenant compte d’autres facteurs, la dernière formation continue des femmes tend à être plus récente que celle des hommes.

L’analyse multivariée confirme ce qu’indiquait l’analyse univariée, à savoir que la probabilité de non-participation à une formation continue au cours des cinq dernières années augmente avec l’âge.

La dernière activité de formation continue est en moyenne plus ancienne chez les personnes qui disent avoir des problèmes de santé permanents que chez celles en bonne santé.

Les chances que les personnes issues de la migration de première génération appartiennent au groupe n’ayant pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années sont supérieures de 57% à celles des personnes non issues de la migration. La différence entre ces dernières et les personnes issues de la migration de deuxième génération est un peu moins marquée.

Formation formelle et formation continue sont intimement liées. On constate en effet que les personnes qui ont suivi une formation formelle au cours de la dernière année appartiennent tendanciellement au groupe dont la formation continue la plus récente remonte à quatre ans au maximum.

Le résultat est analogue eu égard au plus haut niveau de formation formelle. Plus le niveau atteint est élevé, plus la probabilité est faible de ne pas avoir suivi de formation continue depuis longtemps. Ainsi, les chances que les personnes titulaires du diplôme d’une haute école aient accompli une formation continue au cours des quatre dernières années sont supérieures de 82% à celles des personnes qui ont terminé leur scolarité obligatoire.

La probabilité de trouver des personnes non actives dans le groupe n’ayant pas suivi de formation continue depuis cinq ans ou plus est trois fois supérieure à celle d’y rencontrer des personnes actives occupées. Quant aux différences entre personnes au chômage au sens du BIT et personnes actives occupées, il n’est pas possible de dégager une tendance claire, les écarts n’étant pas significatifs.

3 Souhait de formation continue

Parmi les personnes qui n’ont pas suivi de formation continue au cours des douze derniers mois, 27% auraient souhaité le faire, alors que les 73% restants n’ont pas exprimé ce vœu. Par ailleurs, 40% ont indiqué qu’ils n’avaient pas besoin de formation continue et un tiers a cité d’autres raisons (voir graphique G10).

En ce qui concerne le souhait de formation continue au cours des douze derniers mois, il n’y a pas de grandes différences entre les sexes: 29%  pour les femmes et 26%  pour les hommes. Les hommes sont un peu plus nombreux (44% contre 36% des femmes) à avoir déclaré qu’ils n’avaient pas besoin de formation continue.

Les personnes jeunes en particulier n’ont pas pu suivre de formation continue comme elles l’auraient souhaité au cours de l’année qui a précédé l’enquête. C’est dans le groupe des 25 à 34 ans que la proportion de personnes n’ayant pas pu suivre une formation continue en dépit de leur souhait est la plus élevée (37%). Chez les 55 à 64 ans, cette part n’est que de 15%.

Les personnes avec (24%) ou sans (28%) handicap ont déclaré à peu près dans les mêmes proportions qu’elles auraient aimé suivre une formation. Un tiers des personnes handicapées n’estimaient pas avoir besoin d’une formation continue et 43% ne voulaient pas se former pour d’autres raisons. Parmi les personnes handicapées qui auraient souhaité suivre une formation continue, 45% ont indiqué que des raisons de santé les ont empêchées de le faire (voir tableau T3 dans l’annexe).

Dans le groupe des personnes issues de la migration de première génération, 34% auraient aimé suivre une formation continue, contre 21% des personnes non issues de la migration. Ces dernières ont été plus nombreuses à déclarer ne pas avoir eu besoin de formation continue (47%).

Les personnes titulaires d’un diplôme d’une haute école (36%) ou d’un diplôme de culture générale du niveau secondaire II (33%) étaient plus désireuses de suivre une formation continue au cours des douze derniers mois que les personnes qui ont accompli leur scolarité obligatoire ou une formation professionnelle. C’est parmi les titulaires d’une formation professionnelle initiale que la proportion de personnes ne souhaitant pas suivre de formation continue était la plus élevée (44%), la raison avancée étant l’absence de besoin.

Le pourcentage le plus élevé de personnes souhaitant suivre une formation continue a été relevé chez les personnes sans emploi (56%), contre 29% seulement chez les personnes actives occupées.

Dans le groupe des personnes dont la dernière formation remonte à un à quatre ans, 36% ont indiqué qu’elles auraient aimé se former l’année précédente, contre 22% pour les personnes qui n’ont pas suivi de formation depuis cinq ans ou plus.

La section qui suit se concentre sur les raisons qui amènent les personnes n’ayant pas participé à une formation continue depuis cinq ans ou plus à vouloir le faire.

Les deux motivations les plus fréquemment évoquées sont en lien avec une amélioration des perspectives professionnelles. Ainsi, 43% auraient aimé suivre une formation pour «améliorer leurs chances de trouver un nouvel emploi ou de changer de profession» et 41% ont exprimé ce souhait pour «améliorer leurs perspectives de carrière» (voir tableau T2 dans l’annexe).

Le troisième motif indiqué fait contraste: 37% des personnes ont dit vouloir participer «par intérêt personnel pour le sujet traité». Les réponses multiples étant possibles, il se peut qu’une même personne ait eu plusieurs raisons de souhaiter une participation.

Le motif le moins souvent choisi (5%) est «pouvoir mieux faire du bénévolat/du travail bénévole».

4 Raisons de la non-participation

Les personnes qui auraient souhaité suivre une formation au cours des douze derniers mois ainsi que celles qui n’ont pas voulu suivre de formation malgré l’existence d’un besoin ont été interrogées sur le principal obstacle à la participation. Comme mentionné dans le chapitre précédent, les 40% restants de la population qui n’ont pas participé à une formation continue ont déclaré ne pas en avoir besoin. Pour ces personnes, cette réponse est considérée comme le principal obstacle à la participation. Globalement, la raison la plus souvent invoquée pour la non-participation est par conséquent l’absence de besoin de formation continue.

Sur les 66% de personnes qui ont un besoin de formation continue et qui n’en ont plus suivi depuis un à quatre ans, 31% ont indiqué, vu la date de l’enquête (printemps 2021), qu’elles n’avaient pas pu ou pas voulu se former au cours des douze derniers mois en raison du COVID-19 (voir graphique G11).


Si l’on se concentre sur les personnes qui n’ont pas suivi de formation continue au cours des cinq dernières années ou plus, les raisons invoquées sont plus variées.

En distinguant entre celles qui auraient souhaité suivre une formation continue et celles qui, pour diverses raisons, ne voulaient pas le faire, quelques différences se font jour concernant le principal obstacle à la participation (voir graphique G12).

Parmi les personnes désireuses de suivre une formation continue, ce sont surtout les coûts trop élevés (24%) qui les en ont empêchées. D’autres raisons sont le COVID-19 (14%) et le manque de temps (13%).

Quant aux personnes qui n’ont pas voulu suivre une formation continue bien qu’elles en auraient éventuellement eu besoin, elles indiquent avant tout des raisons personnelles (17%), des raisons de santé (17%) et des contraintes familiales (16%) comme principaux obstacles à la participation.


Dans les obstacles à la participation, on note certaines nuances en fonction de différentes caractéristiques sociodémographiques (voir tableau T3 dans l’annexe).

Ainsi, les femmes invoquent le plus souvent les contraintes familiales (22%), alors que les hommes indiquent le plus fréquemment (19%) le «manque de temps».

Chez les personnes plus jeunes (25 à 44 ans), les principales raisons qui les ont empêchées de participer sont les «contraintes familiales» et les «coûts». À partir de l’âge de 45 ans, les «raisons de santé» sont mentionnées plus souvent et, à partir de 55 ans, l’«âge» figure également parmi les motifs invoqués.

Comme indiqué dans le chapitre précédent, ce sont avant tout des «raisons de santé» (45%) qui empêchent les personnes en situation de handicap de suivre une formation continue.

La comparaison entre les personnes issues de la migration et celles non issues de la migration ne fait pas ressortir de différences claires s’agissant des obstacles à la participation.

Les motifs invoqués pour la non-participation à la formation continue varient en fonction du niveau de formation. Si les titulaires d’un diplôme du degré tertiaire citent le plus souvent le «manque de temps» et les «contraintes familiales» comme obstacles, les personnes au bénéfice d’un certificat du degré secondaire II évoquent le plus souvent les «coûts».

Les personnes non actives citent à une large majorité (33%) les «raisons de santé» comme obstacle à la participation, tandis que pour les personnes sans emploi, ce sont une fois de plus les «coûts» (32%). Dans le groupe des personnes actives occupées, l’image n’est pas aussi claire: beaucoup de raisons différentes sont indiquées, la plus fréquente étant le «manque de temps» (18%).

Définitions

Statut sur le marché du travail

Trois catégories ont été distinguées:

– Personnes actives occupées: les personnes qui, au cours de la semaine de référence, ont travaillé au moins une heure contre rémunération ou qui, bien que temporairement absentes de leur travail (absence pour cause de maladie, de vacances, de congé maternité, de service militaire, etc.), avaient un emploi en tant que salarié ou indépendant, ou qui ont travaillé dans l’entreprise familiale sans être rémunérées.

– Chômeurs au sens du BIT: les personnes qui n’étaient pas actives occupées au cours de la semaine de référence, qui ont cherché activement un emploi au cours des quatre semaines précédentes et qui étaient disponibles pour travailler.

– Personnes non actives: les personnes qui ne font partie ni des actifs occupés, ni des chômeurs.

La détermination du statut sur le marché du travail se fonde sur les définitions du Bureau international du travail, reprises dans l’enquête suisse sur la population active.

Handicap / personnes handicapées

L’OFS définit les «personnes handicapées au sens de la loi sur l’égalité» comme les personnes qui ont un problème de santé durable et qui se disent limitées (fortement ou pas fortement) dans les activités de la vie ordinaire. Les données sur ce sujet collectées dans le cadre du MZB sont basées sur l’évaluation subjective du répondant.

Niveau de formation

Le niveau de formation a été déterminé sur la base de la formation achevée la plus élevée, qui a été classée dans l’un des cinq degrés ci-dessous:

– scolarité obligatoire (y compris 10e année, formation transitoire ou autre formation de courte durée);

– degré secondaire II professionnel (formation élémentaire, formation professionnelle initiale);

– degré secondaire II général (école de culture générale, brevet d’enseignement, maturité gymnasiale, professionnelle ou spécialisée);

– degré tertiaire, formation professionnelle supérieure (brevet ou diplôme fédéral, école technique);

– degré tertiaire, haute école (université, haute école spécialisée, haute école pédagogique).

Certaines analyses sont fondées sur une échelle à trois niveaux: scolarité obligatoire, degré secondaire II et degré tertiaire.

Formation formelle

Elle comprend toutes les filières de formation de la scolarité obligatoire, du degré secondaire II (formation professionnelle initiale ou école de formation générale approfondie) et du degré tertiaire (hautes écoles, formations professionnelles supérieures, etc.). Dans la présente publication, les termes formation et formation formelle sont employés comme synonymes.

Statut migratoire

Le statut migratoire d’une personne est déterminé à partir de quatre caractéristiques personnelles: «pays de naissance», «nationalité à la naissance» et «nationalité actuelle» ainsi que «pays de naissance» des deux parents.

– Population non issue de la migration: personnes de nationalité suisse dont l’un des deux parents au moins est né en Suisse. Les personnes de nationalité étrangère nées en Suisse et dont les deux parents sont nés en Suisse, en font aussi partie.

– Population issue de la migration, deuxième génération: les personnes nées en Suisse, de nationalité étrangère et dont l’un des deux parents au moins est né à l’étranger. Les personnes de nationalité suisse, nées en Suisse et dont les deux parents sont nés à l’étranger entrent aussi dans cette catégorie.

– Population issue de la migration, première génération: personnes nées à l’étranger et de nationalité étrangère. Les personnes de nationalité suisse nées à l’étranger et dont les deux parents sont nés à l’étranger sont également classées dans cette catégorie.

Formation continue

La formation continue est considérée comme une formation non formelle. Elle comprend les formations institutionnalisées, organisées par un établissement de formation, mais ne faisant pas partie du système d’éducation officiel. Il peut s’agir de cours, de conférences, de séminaires, de leçons privées ou de formations sur lieu de travail (on the job training). En font partie également les cours de préparation aux examens professionnels et aux examens professionnels supérieurs de la Confédération ainsi que les formations continues des hautes écoles (MAS, DAS, CAS). La formation non formelle est également appelée formation continue dans la présente publication.

Annexe

Régression logistique sur la non-participation à des activités de formation continue au cours
des cinq dernières années

Population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans

T1

Caractéristiques sociodémographiques Odds ratio Intervalle de confiance de 95% Valeurs p
Sexe
Hommes (référence) Réf.
Femmes 0,86 0,78 0,95 0,003 *
Âge
25–34 ans (référence) Ref.
35-44 ans 1,46 1,24 1,71 <,0001 ***
45–54 ans 1,59 1,36 1,85 <,0001 ***
55–64 ans 1,97 1,68 2,30 <,0001 ***
Personnes en situation de handicap
Personnes sans handicap (référence) Réf.
Personnes avec handicap 1,37 1,19 1,58 <,0001 ***
Statut migratoire
Personnes non issues de la migration (référence) Réf.
Personnes issues de la migration,
1re génération
1,57 1,40 1,76 <,0001 ***
Personnes issues de la migration,
2e génération
1,26 1,05 1,53 0,014 *
Formation formelle suivie au cours des douze derniers mois
Non (référence) Réf.
Oui 0,34 0,26 0,45 <,0001 ***
Niveau de formation
École obligatoire (référence) Réf.
Degré secondaire II professionnel 0,65 0,56 0,77 <,0001 ***
Degré secondaire II général 0,53 0,43 0,65 <,0001 ***
Formation professionnelle supérieure 0,24 0,20 0,30 <,0001 ***
Haute école 0,18 0,15 0,21 <,0001 ***
Statut sur le marché du travail
Personnes actives occupées (référence) Réf.
Personnes au chômage au sens du BIT 0,89 0,67 1,17 0,402 n.s.
Personnes non actives 3,24 2,79 3,76 <,0001 ***

Remarque: l’interprétation des coefficients (odds ratio) se fait toujours par rapport à un groupe de référence, les autres facteurs pris en compte dans le modèle restant par ailleurs identiques.
Un odds ratio de 1 signifie qu’il n’y a pas de différence, une valeur inférieure à 1 que la probabilité est moindre et une valeur supérieure à 1 que la probabilité est plus grande. Le rapport de cote se rapporte toujours au groupe de référence.
n.s.: la catégorie ne diffère pas de manière statistiquement significative de la catégorie de référence.
Seuil de signification: *** p<0,0001; ** p<0,001; * p<0,05
Variable dépendante: 1 = n’a suivi aucune formation continue depuis cinq ans ou plus, 0 = a suivi au moins une formation continue au cours des quatre dernières années

Source: OFS – Microrecensement formation de base et formation continue 2021

© OFS 2024

Souhait de participation (réponses multiples possibles), en 2021

En pourcent du groupe considéré de la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans dont la dernière formation continue remonte à au moins cinq ans

T2

% ±1
Améliorer les chances de trouver un nouvel emploi ou de changer de profession 42,6 4,0
Améliorer les perspectives de carrière 41,3 4,0
Par intérêt personnel pour le sujet 36,8 3,9
Être plus efficace dans le travail 31,9 3,7
Pour obtenir un certificat/diplôme 27,7 3,6
Pour le plaisir 16,7 2,9
Adaptations organisationnelles et/ou technologiques 15,3 2,9
Être moins susceptible de perdre son travail 12,3 2,6
Autre raison 7,5 2,1
Démarrer sa propre entreprise 6,2 1,9
Pour des raisons de santé 5,4 1,9
Pour mieux accomplir des travaux bénévoles 4,8 1,7

1 Intervalle de confiance de 95%

Source: OFS – Microrecensement formation de base et formation continue 2021

© OFS 2024