2.1 L’hébergement touristique en Suisse
L’année 2020 a été marquée au niveau national comme international par la crise sanitaire et économique liée à la pandémie du COVID-19. Les différentes mesures prises par la Suisse et les états étrangers ont eu une influence directe sur le secteur touristique dans son ensemble et plus particulièrement celui de l’hébergement touristique. Les résultats statistiques pour l’année 2020 reflètent les effets négatifs de cette situation exceptionnelle sur ce secteur avec très souvent des valeurs «extrêmes» jamais observées par le passé. Il n’est pas possible de dresser une liste de mesures prises au niveau international, toutefois, une chronologie de celles édictées en Suisse livre cependant une contextualisation pertinente pour l’intérprétation des résultats.
Chronologie (2020):
Fin février: Le Conseil fédéral déclare la Suisse en «situation particulière». Les premières annulations d’événements, conférences et séminaires sont observées.
Mars: Le Conseil fédéral déclare la «situation extraordinaire». Le semi-confinement est instauré. Les restaurants, les magasins, les marchés et les installations de loisirs, ainsi que les commerces où les règles de distance ne peuvent être respectées doivent fermer. Les hôtels restent toutefois ouverts. Les frontières avec tous les pays voisins sont contrôlées.
Mai: Assouplissement de certaines mesures sanitaires. Les magasins, les écoles obligatoires mais aussi les musées, les bibliothèques, les restaurants et les salles de sport peuvent rouvrir progressivement mais avec des mesures de protection sanitaires strictes.
Juin: Le Conseil fédéral met fin à la situation extraordinaire. Les établissements de loisirs et les autres attractions touristiques peuvent rouvrir leurs portes. Les rassemblements spontanés sont à nouveau autorisés jusqu’à 30 personnes et il est possible d’organiser des manifestations réunissant jusqu’à 300 personnes. Les restrictions d’entrée sur le territoire suisse sont levées pour l’ensemble des États Schengen.
Octobre –
novembre: Début de la deuxième «vague» du COVID–19. Réintroduction progressives de mesures sanitaires cantonales et fédérales.
Décembre: La siutation épidémiologique se dégrade. Le Conseil fédéral renforce les mesures sanitaires. Les magasins dit «non-essentiels», les restaurants, les installations de loisirs et sportives et les centres de culture sont fermés. Les stations de ski restent toutefois ouvertes ainsi que les hôtels et leurs infrastructures (restaurant, fitness, wellness, etc.) à disposition de leurs clients.
2.1.1 Demande dans l’hébergement touristique
En 2020, l’hébergement touristique en Suisse, qui comprend le secteur de l’hôtellerie et celui de la parahôtellerie, affiche un total de 38,5 millions de nuitées (G2.1.1). Ceci correspond à une baisse de de 31,5% de la demande par rapport à 2019. L’hôtellerie représente la plus grande part de la demande avec plus de 60% des nuitées enregistrées.
2.1.2 Demande suisse et étrangère
En 2020, la clientèle suisse représente 73,4% des nuitées enregistrées dans l’hébergement touristique suisse (G2.1.2a). Malgré la situation excpetionnelle de 2020, elle ne recule que faiblement (–3,7%) par rapport à 2019. Ceci n’est pas le cas de la demande étrangère qui connait un chute historique (–61,9%). Au sein de cette clientèle ce sont les hôtes européens qui ont généré le plus de nuitées avec une part de 22,9 % de la demande totale. La demande dans le secteur de la parahôtellerie provient majoritairement des hôtes suisses (80,3%) (G2.1.2c). Cette part est également majoritaire dans le secteur hôtelier mais elle est lègèrement moins haute (69.1%) (G2.1.2b).
Le saviez-vous?
La part des nuitées extra-européennes n’a représenté que 3,7% de la demande totale en 2020 dans l’hébergement touristique en Suisse (18,3% en 2019).
2.1.3 Ventilation mensuelle de la demande
Durant l’année 2020, les mois de mars (–62,1%), d’avril (–91,8%) et de mai (–78,6%) ont connu un nombre de nuitées historiquement bas comparé à 2019. Le contexte exceptionnel du COVID–19 explique ce résultat. C’est au cours des mois de juillet à octobre que le plus grand nombre de nuitées est enregistré dans l’hébergement touristique en Suisse (G2.1.3). À eux seuls, ces quatre mois comptabilisent 19,9 millions de nuitées, soit 51,7% de la demande annuelle.
2.1.4 Évolution de la demande dans
les pays limitrophes de la Suisse
En comparaison avec les résultats de l’Union européenne (UE), l’hébergement touristique suisse affiche, en 2020, une évolution des nuitées analogue (G2.1.4) mais néanmoins moins marquée, avec une baisse de 31,5% (contre –50,9% pour l’UE) par rapport à 2019. Les pays limitrophes de la Suisse (données 2020 indisponibles pour la France) connaissent également de fortes baisses.
En 2020, au niveau européen, les nuitées générées par les non-résidents reculent ainsi que celles des résidents (respectivement –69,6% et –34,0% par rapport à 2019). Cette tendance est également observable pour les pays limitrophes. Pour la Suisse, le scénario est sensiblement identique pour les nuitées des non-résidents avec une baisse de 61,9%. Cependant la demande des résidents affiche un résultat proche de la stabilité avec une faible diminution de 3,7%.
2.2 Résultats pour l’hôtellerie
2.2.1 Offre en 2020
Au cours de l’année 2020, il a été dénombré en moyenne annuelle 3801 hôtels et établissements de cure ouverts en Suisse, ce qui correspond à 117 630 chambres et 228 641 lits disponibles (G2.2.1a). A cause de la crise du COVID-19, un grand nombre d’établissements ont fermé temporairement en 2020. Une année auparavant on dénombrait 4234 établissements ouverts. La répartition des établissements diffère selon les régions touristiques. Les Grisons en possèdent la plus importante part (14,5%), suivi par la Région Berne (13,4%). Au niveau national, un établissement hôtelier possède en moyenne 60,2 lits disponibles (G2.2.1b).
2.2.2 Évolution générale de l’offre
En 2020, un total de 4646 établissements et 142 656 chambres a été recensé dans l’hôtellerie en Suisse. En comparaison avec 2019 (G2.2.2a), le nombre d’établissements est resté stable mais le nombre de chambres a augmenté (+2325 unités/+1,7%). Au niveau des régions touristiques, l’offre, en termes d’établissements, est en augmentation dans sept régions sur treize entre 2019 et 2020. En ce qui concerne les chambres, onze régions sur treize suivent la même tendance que celle observée au niveau national.
Sur une période comparative de dix ans (G2.2.2b), le nombre d’établissements recensés a fortement reculé. En 2011, on dénombrait ainsi 5396 établissements en Suisse, ce qui correspond, en termes absolus, à une diminution de 751 unités (–13,9%) sur cette période. Pour ce qui est du nombre de chambres, une légère hausse (+555 chambres/+0,4%) est observable en regard de l’année 2011. Sur cette même période, toutes les régions touristiques voient leur offre diminuer en termes d’établissements. La Suisse orientale affiche le plus fort recul avec 144 établissements en moins (–23,6%). En ce qui concerne les chambres, seules cinq régions touristiques connaissent une hausse. C’est la Région zurichoise qui affiche la plus forte croissance (+3520 unités/+21,8%). A contrario c’est en Suisse orientale que le recul est le plus marqué (–1401 unités/–13,2%).
Le saviez-vous?
En dix ans, la Région zurichoise a vu le nombre de ses chambres recensées augmenter de 21,8% (+3520 unités).
2.2.3 Évolution générale de la demande
Afin de mieux apprécier les résultats de la demande dans l’hôtellerie en Suisse, il convient de les mettre en relation avec les événements économiques et autres crises (par exemple sanitaires) marquants survenus lors de ces dix dernières années.
Les effets de la crise économique mondiale de 2009 ont eu une incidence sur la demande des années qui ont suivi. Ainsi l’année 2011 se caractérise par la forte valorisation du franc suisse face à l’euro et à d’autres devises. Le 6 septembre 2011, l’introduction du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS) stabilise le cours des devises qui reste toutefois toujours bien inférieur aux années précédentes. Le 15 janvier 2015, la BNS annonce l’abandon du taux plancher, ce qui génère une nouvelle appréciation du franc suisse par rapport à l’euro. Les deux années suivantes, l’euro reprend un peu de vigueur face au franc suisse mais sans jamais atteindre son niveau d’avant 2015. Dès fin février 2020, la crise sanitaire bouleverse complètement la société et l’économie. Le secteur touristique tant au niveau national qu’international est affecté très négativement par cette situation exceptionelle.
Au cours de la dernière décennie, le total des nuitées dans les hôtels et les établissements de cure en Suisse a évolué de manière contrastée (G2.2.3). Le nombre de nuitées diminue en 2011 et 2012 (–2,0% pour chaque année). La tendance s’inverse pour les années 2013 (+2,5%) et 2014 (+0,9%) mais en 2015 (–0,8%) et 2016 (–0,3%) de nouveaux reculs sont observés. Un fort redressement de la demande se produit en 2017 (+5,2%) qui se confirme en 2018 (+3,8%) et en 2019 (+1,9% ) où un total de 39,6 millions de nuitées est enregistré, soit un niveau jamais observé jusqu’à présent. En 2020, la demande connait une chute historique de 40,0% et comptabilise 23,7 millions de nuitées. Pour cette même année, à l’exception des mois de janvier (+7,1) et février (+7,0), de très fortes baisses mensuelles sont observables, s’échellonant entre –91,8% en avril et –24,9% en juillet.
Le saviez-vous?
Le nombre de nuitées a chuté de 15,8 millions d’unités en 2020.
2.2.4 Évolution de la demande indigène et étrangère
Si l’on revient sur les dix dernières années, les demandes étrangère et indigène dans le secteur hôtelier ne suivent pas toujours des tendances analogues (G2.2.4a). En 2011 et 2012, des divergences sont observables entre les deux demandes. D’un côté, la demande indigène affiche une certaine stabilité alors que de son côté la demande étrangère est en recul (2011; –3,5% / 2012; –3,3%). En 2013, un trend positif est observé pour les deux demandes. Il se poursuit en 2014. Alors que la hausse des nuitées continue pour la clientèle indigène en 2015 et 2016, la demande de la clientèle étrangère connaît à nouveau une régression. En 2017 et 2018 les demandes étrangère et indigène affichent une hausse. Cette situation se poursuit en 2019. En effet, les hôtes étrangers enregistrent une croissance de 1,1% et les hôtes suisses comptabilisent une hausse de 2,9%. Les nuitées totales de la clientèle étrangère (21,6 millions) tout comme celle indigène (17,9 millions) atteignent en 2019 des niveaux encore jamais observés. En 2020, la demande étrangère chute drastiquement à 7,3 millions de nuitées (–66,1%), de son côté la demande indigène totalise 16,4 millions de nuitées, ce qui constitue une baisse importante (–8,6%/–1,5 million) mais moins drastique.
En janvier et février 2020, les nuitées étrangères, tout comme celles de la clientèle suisse augementent (G2.2.4b). En mars, la demande étrangère s’écroule (–68,2%) et reste sur ce trend tout au long de l’année 2020. Les baisses s’échelonnent entre –96,2% (avril) et –60,9% (août). Les nuitées des hôtes suisses chutent également drastiquement en mars (–55,4%), avril (–86,2%) et mai (–54,6%). En juin, la demande indigène reste fortement négative (–23,1%) mais affiche toutefois une amélioration par rapport aux trois mois précédents. Dès juillet et jusqu’en octobre, une forte inversion de cette tendance a été observée pour cette clientèle. Des niveaux encore jamais observés de la demande suisse ont été comptabilisés chaque mois au cours de cette période. Les hausses mensuelles au cours de cette période se sont échelonnées entre +35,0% (juillet) et +16,4% (octobre). Néanmoins à partir de novembre (–29,1%), puis en décembre (–17,2%), la demande indigène a de nouveau fortement reculé sans toutefois atteindre le niveau négatif observé entre mars et mai.
Le saviez-vous?
Entre juillet et septembre 2020, la demande suisse a atteint des records avec chaque mois plus de 2,0 millions de nuitées.
2.2.5 Évolution de la demande selon les continents
de provenance des hôtes
En 2020, la demande du continent européen (sans la Suisse) affiche 6,0 millions de nuitées, ce qui représente un recul de 50,7% (–6,2 millions de nuitées) par rapport à 2019 (G2.2.5a). Même si cette chute drastique est liée à la situation sanitaire, la demande de ce continent était déjà sur une tendance négative entre 2011 et 2016, puis en stagnation jusqu’en 2019. Dans les faits, les nuitées de ces visiteurs ont reculé, entre 2011 et 2019, de 13,3%.
En 2020, la demande des visiteurs asiatiques dans l’hôtellerie a, sans surprise, également connu une chute historique (G2.2.5c). Un total de 587 000 nuitées est observé pour cette clientèle en 2020, soit un recul de 89,2% (–4,9 millions de nuitées) rapport à 2019. Ce résultat met fin à une décénie marquée – de manière générale – par de fortes croissances annuelles. A noter toutefois qu’un léger «tassement» de la demande a été observé en 2019 (+0,4%).
Finalement, la situation est églament fortement négative pour la demande des visiteurs du continent américain qui affiche en 2020 un total de 580 000 nuitées, soit une baisse de 82,3% par rapport à 2019 (G2.2.5e). De leur côté, la clientèle en provenance du continent océanique totalise 67 000 nuitées (–83,2%) en 2020 et les visiteurs du continent africain 80 000 nuitées (–72,1%).
Le saviez-vous?
Les nuitées des visiteurs en provenance de Chine ont reculé de 91,4%, passant de 1,4 million d’unités en 2019 à 119 000 en 2020.
2.2.6 Évolution de la demande par région touristique
En 2020, toutes les treize régions touristiques de Suisse ont comptabilisé des reculs de nuitées par rapport à 2019 (G2.2.6). Les plus grandes baisses ont été observées dans les régions citadines. Ainsi Genève (–67,5%), la Région zurichoise (–65,4%) et la Région bâloise (–58,8%) ont affiché les plus fortes contractions de la demande parmi toutes les régions. C’est ici un changement radical pour ces régions qui ont régulièrement connu des hausses marquées au cours des dernières années. Pour les autres régions touristiques, les reculs les moins prononcés en 2020 ont été enregistrés aux Grisons (–9,2%) ainsi qu’au Tessin (–16,3%).
Toutes les régions touristiques ont affiché en 2020 des baisses extrêmement marquées de la demande étrangère, avec une fourchette comprise entre –74,9% (Lucerne/Lac des Quatre-Cantons) et –42,8% (Grisons). En ce qui concerne la clientèle suisse, quatre régions ont toutefois vu les nuitées augmenter. Il s’agit des Grisons (+12,2%), du Tessin (+9,7%) ainsi que la Région Berne (+6,4%) et le Valais (+3,5%). Les neuf autres régions touristiques ont vu la demande indigène reculer, mais de manière moins marquée que pour la clientèle étrangère. Les replis étaient compris entre –49,6% (Région zurichoise) et –2,3% (Lucerne/Lac des Quatre-Cantons).
Le saviez-vous?
Entre juin et décembre 2020 la demande de la clientèle suisse a progressé aux Grisons de 34,2% (+616 000 nuitées) par rapport à 2019.
2.2.7 Durée de séjour
En 2020, les hôtes séjournent en moyenne 2,22 nuits dans les hôtels et établissements de cure en Suisse. Cette durée est toutefois plus longue pour les visiteurs étrangers (2,44 nuits) que pour les hôtes suisses (2,13 nuits).
Ces résultats pour 2020 contrastent avec l’évolution observée au cours des dix dernières années, où la durée de séjour au niveau national a progressivement baissé (G2.2.7a). Ceci s’explique surtout par le fait que la population indigène a favorisé, en regard de la situation internationale et des mesures restrictives, des vacances d’été et d’autonme en Suisse.
Au niveau des régions touristiques, ce sont les Grisons qui affichent en 2020 la durée de séjour la plus longue avec 2,87 nuits (G2.2.7b). En revanche, la durée de séjour la plus courte est observable dans la Région Fribourg (1,69 nuit). Comme au niveau national, la durée de séjour est plus longue pour la clientèle étrangère que pour les visiteurs indigènes dans la majorité des régions touristiques. La différence la plus marquée est observée aux Grisons, où les visiteurs étrangers séjournent 3,68 nuits en moyenne, alors que les hôtes suisses y demeurent 2,67 nuits.
2.2.8 Taux d’occupation des chambres
Pour l’année 2020, le taux net d’occupation des chambres dans les hôtels et établissements de cure atteint 36,1% au niveau national (G2.2.8). Il s’agit du taux le plus bas enregistré depuis le début de l’observation de cette variable (2005). Il s’élevait à 55,2% en 2019 et avait connu une forte croissance depuis 2016. Ce taux varie fortement selon les régions touristiques.
Ce taux a régressé dans toutes les régions touristiques, mais ce sont les régions citadines où l’on a observé les plus fortes baisses et les taux les plus faibles. Genève a affiché un taux 26,6% soit le plus bas parmi toutes les régions touristiques. Arrive ensuite la Région zurichoise avec une valeur de 27,2% (65,0% en 2019). De leur côté, les régions touristiques de montagne ont affiché des taux en légère régression par rapport à 2019. Le Valais a atteint un taux de 48,1% (53,9% en 2019) soit le plus haut de toutes les régions touristiques, suivi par les Grisons avec 47,2% (50,2% en 2019)
Le saviez-vous?
En 2019, Genève enregistrait le taux net d’occupation des chambres le plus élevé en Suisse avec 66,5%. Celui-ci à chuté de 39,9 points en 2020.
2.2.9 Évolution de la demande dans
les pays limitrophes de la Suisse
Dans l’UE en 2020, les nuitées dans l’hôtellerie ont chuté de 57,4% (G2.2.9). Une diminution est également observable en Suisse (–40,0%) ainsi que dans les pays limitrophes de la Suisse (données 2020 indisponibles pour la France).
Les nuitées des résidents (–40,9%) et des non-résidents (–73,2%) reculent dans l’UE, ainsi que dans les pays limitrophes de la Suisse. Les nuitées des résidents en Suisse affichent une baisse modérée de 8,6% et alors que celles des non-résidents reculent fortement (–66,1%).
2.3 Résultats pour la parahôtellerie
Dans le secteur de la parahôtellerie, la statistique distingue trois types d’hébergement principaux, à savoir les logements de vacances exploités commercialement, les hébergements collectifs ainsi que les terrains de camping. Afin de présenter les informations du secteur de la parahôtellerie de la manière la plus détaillée possible, les résultats sont exposés en fonction de chaque type d’hébergement.
2.3.1 Offre dans la parahôtellerie
A) Logements de vacances
En 2020, un total de 31 474 logements de vacances exploités commercialement a été recensé en Suisse (G2.3.1a). Ceci représente une capacité, en termes de lits, de 153 563 unités. Si l’on considère la répartition des logements de vacances selon les sept grandes régions de Suisse, c’est la Région lémanique qui en possède la plus grande part avec 49,6% du total. Arrive ensuite la Suisse orientale avec une proportion de 25,9%.
B) Hébergements collectifs
Au niveau national, 2393 hébergements collectifs, soit un total de 114 125 lits, ont été recensés pour l’année 2020 (G2.3.1b). Au niveau des grandes régions, c’est l’Espace Mitteland qui compte la plus grande part d’établissement (26,9%) suivie de près par la Suisse orientale (25,8%) et la Région lémanique (23,9%).
C) Terrains de camping
Le total des terrains de camping recensés en Suisse en 2020 s’élève à 396 unités, soit 28 701 places de location pour les hôtes de passage (G2.3.1c). En termes de répartition au niveau des grandes régions, ce sont l’Espace Mitteland (27,8%) et la Région lémanique (25,0%) qui recensent le plus grand nombre d’établissements.
2.3.2 Demande dans la parahôtellerie
A) Logements de vacances
En 2020, les nuitées enregistrées dans les logements de vacances ont atteint un total de 7,2 millions d’unités au niveau national, soit une diminution de 1,3% par rapport à l’année 2019 (G2.3.2.1a). Les visiteurs suisses ont généré 5,5 millions de nuitées (+26,4%). De son côté, la clientèle étrangère est à l’origine de 1,7 millions d’unités (–42,2%) dont plus de 95% proviennent des hôtes européens. Au niveau des grandes régions, c’est la Région lémanique qui comptabilise le plus de nuitées en 2020, avec un total de 2,8 millions (G2.3.2.2a).
B) Hébergements collectifs
La demande dans les hébergements collectifs a été fortement impactée par la pandémie de COVID-19. Un total de 3,4 millions de nuitées est comptabilisé pour l’année 2020, soit une chute drastique de 39,0% en regard de l’année précédente (G2.3.2.1b). Les hôtes suisses sont à l’origine de la plus grande partie des nuitées, avec 3,0 millions (–34,3%). La demande étrangère totalise 450 000 nuitées (–58,8%). La clientèle européenne en génère plus de 90%. La Suisse orientale (G2.3.2.2b) est la grande région qui comptabilise le plus de nuitées (1,0 million d’unités).
Le saviez-vous?
Les nuitées comptabilisées dans les terrains de camping entre juillet et octobre 2020 ont connu une progression de 33,1% par rapport à la même période de 2019.
C) Terrains de camping
Avec 4,2 millions de nuitées, les terrains de campings ont enregistré en 2020 – malgré la fermeture imposée par les autorités au printemps – une augmentation de 11,1 % des nuitées par rapport à l’année précédente (G2.3.2.1c). 3,4 millions de nuitées sont à mettre sur le compte de la clientèle suisse (+33,9%) et 766 000 sur celle étrangère (–36,8%). A noter que pour cette dernière, elle se compose à 99,3% d’hôtes en provenance d’Europe. C’est l’Espace Mittelland qui affiche le plus grand nombre de nuitées avec 973 000 unités. Il est suivie par la Région lémanique qui en comptabilise 967 000 (G2.3.2.2c).
2.3.3 Ventilation mensuelle de la demande
A) Logements de vacances
La fréquentation en termes de nuitées dans les logements de vacances (G2.3.3a) est concentrée principalement en janvier et février (34,8% de la demande annuelle) ainsi qu’en juillet et août (29,2%). Le mois d’avril de son côté ne représente que 0,6% de la demande totale.
Le saviez-vous?
En 2020, dans les logements vacances, le mois de février représente à lui seul 22,6% des nuitées annuelles.
B) Hébergements collectifs
La ventilation mensuelle de la demande dans les hébergements collectifs en 2020 permet d’observer que les nuitées sont principalement générées en été et plus précisément entre juillet et septembre (G2.3.3b). La part de ces trois mois estivaux représente 46,6% des nuitées annuelles, avec un pic en juillet (19,4% du total 2020). La période de janvier à février, encore exempte des mesures liées au COVID-19, affiche aussi un nombre de nuitées conséquent avec une part de 30,8% de la demande annuelle.
C) Terrains de camping
Fortement saisonnière et avec une fermeture imposée par les autorités au printemps en raison du COVID-19, la demande dans les terrains de camping est, sans surprise, presque totalement concentrée au cours de la période estivale (G2.3.3c). Près de 90% des nuitées (88,9%) sont comptabilisés entre juin et septembre.
2.3.4 Durée de séjour dans la parahôtellerie
A) Logements de vacances
La durée de séjour moyenne en Suisse dans les logements de vacances atteint 6,60 nuits en 2020 (6,47 en 2019) (G2.3.4a). Cette valeur différe toutefois selon les grandes régions. En effet, en Suisse orientale, elle s’élève à 7,00 nuits (7,02) et dans la Région lémanique à 6,62 nuits (6,66), soit les durées les plus longues à ce niveau régional. En revanche, la région Suisse du Nord-Ouest enregistre la valeur la plus courte, soit 5,05 nuits (4,36).
B) Hébergements collectifs
En 2020, la durée de séjour moyenne au niveau national dans les hébergements collectifs s’établit à 2,48 nuits (2,45 en 2019) (G2.3.4b). Au niveau des grandes régions, c’est à Zürich que les visiteurs séjournent le plus longtemps avec 3,00 nuits (2,36). À contrario, c’est au Tessin que la durée la plus courte est observée avec 2,21 nuits (2,63.)
C) Terrains de camping
Pour les terrains de camping, la durée de séjour moyenne en 2020 est de 3,16 nuits (3,20 en 2019) pour le territoire national (G2.3.4c). Cette durée atteint 3,88 nuits (4,23) au Tessin, soit la valeur la plus élevée parmi l’ensemble des grandes régions. C’est à Zürich que la durée de séjour est la plus courte avec 2,00 nuits (1,76).
2.3.5 Évolution de la demande dans
les pays limitrophes de la Suisse
L’évolution des nuitées dans l’UE dans le secteur de la parahôtellerie connaît une régression de 39,1% (G2.3.5). La Suisse enregistre une baisse de la demande de 11,3%, soit une diminution moins importante que celle de l’UE et des pays limitrophes (données 2020 indisponibles pour la France).
En ce qui concerne les nuitées des résidents dans l’UE, elles régressent de 23,7% et celles des non-résidents de 61,4%. Pour la Suisse (–44,4%), tout comme pour les pays limitrophes, la demande provenant des non-résidents affiche des baisses marquées. Alors que la demande des résidents des pays limitrophes recule aussi fortement, la Suisse tire son épingle du jeu avec une hausse de 3,8%.