Conclusion

Cette publication présente des résultats inédits sur le parcours de formation dans les écoles supérieures (ES), sur la base d’analyses menées à partir des données exhaustives de l’éducation du programme LABB. Ces analyses apportent de nombreuses nouvelles connaissances sur les ES. Davantage développées en Suisse alémanique qu’en Suisse romande, dans la mesure où l’offre de formation diffère entre région linguistiques, les ES constituent l’une des voies privilégiées pour les titulaires d’un CFC pour se former au niveau du degré tertiaire.

En effet, ce sont principalement des titulaires d’un CFC ou d’une maturité professionnelle qui s’engagent dans une formation en ES, bien que dans certains domaines de formation d’autres titres du degré secondaire II sont également représentés (certificat d’une ECG, maturité spécialisée ou gymnasiale). En règle générale, la formation effectuée en ES est poursuivie dans le même domaine de formation que celui du CFC. Par ailleurs, près d’un entrant en ES sur six accède à la formation à travers des procédures de prise en compte des acquis, c’est-à-dire sans passer par la première année du programme de formation.

D’une manière générale, on n’observe pas à l’entrée en ES une forte «sélection» en fonction du profil sociodémographique, même si les entrants en ES tendent à être plus nombreux à avoir un parent diplômé du degré tertiaire que les titulaires d’un CFC. D’ailleurs, la proportion de personnes issues de la migration (première génération) est plus élevée dans les ES, en particulier pour celles qui ont passé l’âge de 30 ans, comparé aux HES. En ce sens, les ES semblent jouer un rôle intégrateur pour ces populations.

Les taux de réussite dans les ES sont du même ordre de grandeur que ceux observés dans les hautes écoles (OFS, 2015b). De plus, tout comme au degré secondaire II (OFS 2018b), les taux de réussite sont plus élevés pour les femmes. Enfin, lorsqu’il y a un abandon de la formation, celle-ci intervient dans la majorité des cas au cours de la première année.

Ainsi, les ES constituent un acteur notable du degré tertiaire en Suisse, puisqu’elles offrent la possibilité à des jeunes n’ayant pas de maturité professionnelle d’accéder à une formation du degré tertiaire. C’est particulièrement important dans le contexte actuel où le besoin en main d’œuvre qualifiée reste élevé en Suisse (OFS, 2019b; Kriesi & Leeman, 2020).