3.1 Situation financière des ménages: revenus
Les revenus du travail restent la principale ressource financière des ménages. Bien que le revenu disponible stagne depuis 2014, un quart de la population se dit toujours satisfaite de sa situation financière. C’est chez les personnes aux revenus les plus élevés et chez les plus de 65 ans que cette proportion est la plus importante.
Le revenu disponible stagne
En 2016, le revenu disponible équivalent médian (cf. glossaire ), s’élevait à 4121 francs par mois, ce qui signifie que la moitié des personnes domiciliées en Suisse gagnait davantage que ce montant, et l’autre moitié moins. Ce revenu a augmenté de 19% depuis 2000. Après une nette progression de 2008 à 2013, il a stagné en 2014 et 2015 (cf. graphique G3.1). La légère tendance à la hausse en 2016 doit encore être confirmée par les résultats des années à suivre. Quant au revenu primaire équivalent médian (cf. glossaire), il a augmenté de 22% depuis 2000 pour atteindre 4805 francs en 2016. Le tracé largement parallèle des deux courbes montre que la redistribution entre le revenu primaire équivalent et le revenu disponible équivalent est restée relativement constante.
Le travail reste la principale source de revenu des ménages
En 2016, le revenu disponible mensuel des ménages s’est élevé à 7124 francs en moyenne. Ce revenu inclut ceux de tous les membres du ménage (soit 2,2 personnes en moyenne). Le niveau de revenu des ménages d’une seule personne est souvent plus bas que celui des ménages de plusieurs personnes, qui comptent davantage d’individus susceptibles de contribuer aux revenus.
Durant les années 2012 à 2014 (échantillons cumulés), le revenu disponible des personnes vivant seules atteignait 4885 francs pour celles de moins de 65 ans et 3491 francs pour celles de 65 ans et plus. Chez les couples sans enfants, il était de 9037 francs chez les moins de 65 ans, contre 5966 chez les 65 ans et plus. Ces résultats confirment que le revenu disponible des ménages diminue à la retraite. Et chez les ménages monoparentaux, enfin, ce revenu est de 6183 francs, contre 9736 chez les couples avec enfants.
De 2012 à 2014, le revenu brut des ménages de personnes de moins de 65 ans provenait principalement – à près de 90%, sauf pour les ménages monoparentaux – de l’exercice d’une activité rémunérée (cf. graphique G3.2). Quant aux dépenses obligatoires, qui comprennent les impôts, les cotisations aux assurances sociales, les primes d’assurance-maladie de base et les transferts monétaires à d’autres ménages, elles représentaient à peu près la même charge pour tous les ménages (29% environ du revenu brut, cf. glossaire ).
Les ménages monoparentaux, qui tirent moins de revenus d’une activité rémunérée, supportent des dépenses obligatoires relativement moins élevées (27% environ). Ils reçoivent toutefois davantage de transferts monétaires provenant d’autres ménages et de transferts sociaux que les autres ménages avec des personnes de moins de 65 ans. À partir de 65 ans, la plus grande partie du revenu brut provient des rentes. En outre, la part du revenu de la fortune et des locations est plus importante chez les retraités que chez les autres ménages.
Un quart de la population très satisfaite de sa situation financière
D’une manière générale, près d’un quart de la population s’est dite très satisfaite de sa situation financière en 2016. Cette proportion, qui n’a pratiquement pas varié depuis 2007, augmente en fonction de la classe de revenu; elle est 2,5 fois plus élevée dans le quintile des plus hauts revenus que dans celui des plus bas (voir graphique G3.3). Parmi les personnes très satisfaites, on trouve en effet les profils particulièrement fréquents dans les revenus les plus élevés: des personnes de plus de 64 ans en premier lieu, mais aussi des personnes ayant suivi une formation de degré tertiaire, des Suisses et des personnes propriétaires de leur logement. À l’inverse, la part des personnes ne se disant pas satisfaites de leur situation financière est au plus haut chez les personnes au chômage, les revenus les plus faibles, les ménages monoparentaux et les étrangers.
3.2 Situation financière des ménages: dépenses et endettement
En 2016, les ménages ont en moyenne eu la possibilité d’épargner 14% environ de leur revenu brut, mais 9% de la population a dû puiser dans sa fortune pour financer une partie de son budget, et 3,1% a dû s’endetter.
Les ménages consacrent 54% de leur revenu brut à des dépenses de consommation
Durant les années 2012 à 2014 échantillons cumulés, cf. bases de données Enquête sur le budget des ménages (EBM) , les ménages suisses ont consacré 29,0% en moyenne de leur revenu brut aux dépenses obligatoires (cf. graphique G3.2). Le 71,0% restant forme leur revenu disponible, soit le montant qu’ils peuvent, après soustraction des autres assurances et taxes, allouer à la consommation et, éventuellement, à l’épargne.
Les dépenses de consommation des ménages suisses (cf. glossaire) se sont élevées en moyenne à près de 54% de leur revenu brut durant les années 2012 à 2014. Le poste de consommation le plus important dans le budget des ménages est celui constitué par le logement et l’énergie, qui représente plus d’un quart de ces dépenses, suivi des postes suivants: transports, loisirs et culture ainsi que produits alimentaires et boissons non alcoolisées. Les ménages peuvent épargner près de 14% en moyenne de leur revenu brut. Durant les années 2006 à 2008 et 2012 à 2014, le niveau total de consommation des ménages a augmenté d’environ 4%. La part des dépenses de consommation dans le revenu brut des ménages s’est toutefois rétractée, tandis que celle des dépenses obligatoires a légèrement augmenté. La hausse du revenu brut des ménages, qui s’est élevée à près de 13%, se reflète donc de manière moins marquée dans les dépenses de consommation.
Plus le revenu est élevé, plus la part consacrée aux dépenses de consommation globale ainsi qu’aux dépenses pour le logement et l’énergie diminue par rapport au revenu brut des ménages et, par conséquent, plus la part disponible pour l’épargne augmente (cf. graphique G3.4). Les ménages aux revenus les plus élevés peuvent épargner plus d’un cinquième en moyenne de leur revenu brut, tandis que ceux enregistrant les revenus les plus faibles ne peuvent généralement rien mettre de côté, leurs dépenses dépassant leurs entrées.
Pour 9% de la population, la fortune finance une partie du budget du ménage
En 2016, 12,7% de la population vivait dans un ménage dont les membres disaient avoir du mal à joindre les deux bouts (cf. graphique G3.5). À la question de savoir comment les ménages gèrent leurs revenus et leurs dépenses, 9,0% de la population a indiqué puiser dans sa fortune pour financer les dépenses courantes, un cas de figure qui concernait surtout les personnes de 65 ans et plus (21,6%, cf. graphique G3.6). Au total, 3,1% de la population vivait dans un ménage contraint de s’endetter pour pouvoir couvrir ses dépenses annuelles courantes; plus de la moitié de la population (51,1%) pouvait mettre de l’argent de côté, tandis que pour près de deux personnes sur cinq (36,7%), les dépenses et les revenus du ménage s’équilibraient.
Le groupe de population aux revenus les plus faibles est celui qui indique le plus souvent avoir de la peine à financer les dépenses les plus indispensables. Il s’agit là surtout de personnes de nationalité étrangère (mais pas d’Europe du Nord et de l’Ouest), de personnes à la recherche d’un emploi, d’individus à faible niveau de formation ainsi que de ménages monoparentaux, comme on peut le voir dans le graphique G3.5. Ce sont aussi ces groupes de population qui affichaient les taux de satisfaction les plus bas par rapport à la situation financière de leur ménage, et qui ont le moins pu épargner (cf. graphiques G3.3 et G3.6).
Une comparaison dans le temps depuis 2007 ne révèle aucune modification notoire. Les groupes financièrement défavorisés restent dans l’ensemble les mêmes.
3.3 Formation: niveau de formation
Depuis plusieurs années, le niveau de formation de la population est en hausse grâce au rattrapage des femmes sur leur retard de formation au fil du temps et d’une immigration de personnes d’origine étrangère bien qualifiées. La fréquentation des bancs de l’école en Suisse n’améliore pas les chances des étrangers de se former davantage.
Une population adulte toujours mieux formée
En 2018, la population résidante permanente âgée de 25 à 64 ans comprend 11,6% de personnes qui ne sont pas allées au-delà de l’école obligatoire, 44,7% qui ont achevé une formation du degré secondaire II (école de maturité, école de culture générale ou formation professionnelle initiale) et 43,7% qui ont un diplôme du degré tertiaire en poche (formation professionnelle supérieure et hautes écoles). Depuis 2003, la part des personnes en Suisse qui n’a pas étudié au-delà du degré secondaire II a continuellement diminué. C’est particulièrement le cas des personnes diplômées de la formation professionnelle initiale (cf. graphique G3.7). En effet, en 2003, la moitié de la population avait un diplôme de cette filière comme plus haute formation achevée, alors qu’en 2018, cette part est passée sous la barre des 40%. Durant la même période, les personnes diplômées du degré tertiaire ont connu une augmentation de près de 17 points de pourcentage pour atteindre plus de 40% de la population adulte en 2018. Les nouvelles opportunités d’études offertes par la maturité professionnelle et les hautes écoles spécialisées introduites dans la deuxième moitié des années 1990, de même que la nouvelle immigration de personnes hautement qualifiées résultant de la libre circulation des personne durant la décennie 2000, expliquent pour une grande part cette évolution. Quant aux personnes sans formation postobligatoire, leur proportion a également diminué depuis 2003, mais dans une moindre mesure (4 points de pourcentage). Ce groupe de population est essentiellement composé de personnes dans des tranches d’âge plus élevées ou de nationalité étrangère. C’est une population marquée par des trajectoires professionnelles moins linéaires et qui ne montre pas particulièrement des dispositions à se former davantage.
Au fil des générations, les femmes rattrapent leur retard
Si les jeunes sont mieux formés que leurs aînés, signe que le marché du travail est aujourd’hui plus exigeant en matière de qualifications, ce constat est encore plus frappant chez les femmes. Au fil des générations, les femmes ont fait un bond en avant pour rattraper leur retard de formation sur les hommes. En 2018, 13,7% des femmes âgées de plus de 65 ans ont un diplôme du degré tertiaire en poche, contre 37,3% des hommes de même âge (cf. graphique G3.8). Chez les plus jeunes, la parité est atteinte: quelque 50% des femmes comme des hommes âgés de 25 à 34 ans ont un titre du degré tertiaire. Les femmes de cette classe d’âge comptent même une plus grande proportion de diplômées des hautes écoles (42,3%) que celle des hommes (34,7%). L’âge avançant, la situation s’inverse: les femmes sont moins bien dotées en qualifications que les hommes. Ainsi, les femmes sans formation postobligatoire de plus de 65 ans sont proportionnellement deux à trois fois plus nombreuses que les hommes de même âge.
Avoir été scolarisé en Suisse ne garantit pas un meilleur accès aux formations supérieures
Le graphique G3.9 montre la répartition des niveaux de formation parmi les catégories de population âgée de 25 à 64 ans selon leur nationalité et le moment de leur arrivée en Suisse. Si une personne est arrivée avant l’âge de 16 ans, on peut supposer qu’elle a effectué tout ou partie de sa scolarité obligatoire dans le système de formation suisse. La nationalité et la fréquentation, même partielle, du système de formation suisse influence fortement la répartition des niveaux de qualifications selon les populations étudiées. Ainsi, c’est dans le groupe des personnes étrangères arrivées en Suisse après l’âge de 16 ans que l’on trouve les proportions les plus élevées à la fois de personnes titulaires d’un diplôme des hautes écoles (41,0%) et de personnes sans formation postobligatoire (25,0%). Avoir fréquenté, ne serait-ce qu’en partie, le système de formation suisse n’offre pas un meilleur accès aux études supérieures aux personnes de nationalité étrangère puisque seules 21,0% d’entre elles sont titulaires d’un titre du degré tertiaire.
3.4 Formation: participation à la formation
La formation continue, qui permet de renouveler et de maintenir son capital de connaissances, reste l’apanage des personnes déjà bien qualifiées et actives sur le marché du travail. Les moins bien formés ne ressentent pas particulièrement le besoin de se former davantage.
La participation à la formation s’accroit avec l’élévation
du niveau de formation
En 2016, la majorité de la population âgée entre 25 et 64 ans participe à une activité de formation continue, qu’elle soit effectuée dans le but d’améliorer sa culture générale ou à des fins professionnelles. Le fait d’être une femme ou un homme ou encore de nationalité suisse ou étrangère n’influence pas particulièrement les taux de participation à la formation continue. En revanche, la formation continue est en relation étroite avec l’activité sur le marché du travail. Les personnes actives occupées se forment davantage que les personnes sans emploi (respectivement entre 37% et 87% et entre 39% et 77% selon leur niveau de formation, cf. graphique G3.10). La plus faible participation revient aux personnes non actives (entre 16% et 54%). L’investissement plus ou moins long dans une formation de base est, lui aussi, déterminant. Plus le niveau de formation d’une personne s’élève, plus la participation à la formation continue augmente. Ainsi, les personnes âgées de 25 à 64 ans et diplômées du degré tertiaire affichent toutes des taux supérieurs à 75%, atteignant même 87% pour les personnes actives occupées ou les étrangers scolarisés en Suisse. À titre de comparaison, au plus deux tiers des personnes diplômées du degré secondaire II participent à la formation continue et seulement un tiers des personnes sans formation postobligatoire fait de même. La culture de la formation permanente est donc, semble-t-il, plus fortement ancrée chez les mieux qualifiés, mais les revenus associés à un meilleur niveau de formation jouent probablement également un rôle dans leur participation accrue à la formation continue.
Les jeunes se forment davantage que leurs aînés
Plus l’âge des personnes augmente, plus la participation à la formation continue diminue. À l’approche de la soixantaine, cette participation décroît même plus fortement. Notons qu’il s’agit là de personnes qui sont plus fréquemment sujettes à des problèmes de santé, globalement moins bien formées, qui approchent de la retraite, lorsqu’elles ne sont pas déjà inactives, et qui donc ressentent moins le besoin de se former et diminuent conséquemment leur participation à des activités de formation continue à but professionnel (OFS, 2018e). La prise en compte du niveau de formation révèle à nouveau une différence nette dans le profil de participation des différentes classes d’âge (cf. graphique G3.11). Ainsi, les jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans voient leur taux de participation passer du simple au double selon qu’ils ont terminé l’école obligatoire ou ont achevé une formation du degré tertiaire (de 43,0% à 89,3%). Ce rapport passe du simple au triple pour les personnes âgées de 55 à 64 ans (de 24,6% à 77,6%).
La majorité des sans formation postobligatoire sont satisfaits de leur sort en matière de formation
Le graphique G3.12 montre la répartition des personnes âgées de 25 à 64 ans selon leur participation ou non à une formation et selon qu’elles aient ou non été empêchées, pour diverses raisons, de participer à une formation qu’elles désiraient suivre. En 2016, un tiers de la population a rencontré des obstacles pour se former, 23,9% ont participé à des activités de formation mais auraient souhaité se former davantage et 9,4% des adultes, pourtant désireux de se former, n’ont pris part à aucune activité de formation. Les deux tiers restants sont satisfaits de leur situation en matière de formation, ils se sont formés comme ils le souhaitaient (45,2%) ou n’ont manifesté aucune intention de se former (21,5%). Parmi les sans formation postobligatoire, 21,7% des personnes désireuses de se former n’ont pas pu le faire du tout. Cette part est deux à plus de cinq fois plus élevée que chez les personnes diplômées du degré secondaire II ou tertiaire. Les principaux obstacles à la formation cités par les personnes peu qualifiées sont le manque de temps, le coût trop élevé des formations et les raisons de santé (OFS, 2018b). Pour autant, la majorité des personnes sans formation postobligatoire (63,2%) déclarent être satisfaites de leur sort en matière de formation, 19,6% se sont formées à leur entière satisfaction et 43,6% ne se sont ni formées ni n’ont manifesté l’intention de le faire.
3.5 Vie professionnelle: conditions de travail
Depuis la fin des années nonante, la part des personnes travaillant à temps partiel et au bénéfice de contrats à durée déterminée a augmenté tant chez les hommes que chez les femmes. Ces dernières restent davantage touchées par des formes de travail atypiques.
Le temps partiel progresse
La part des personnes actives occupées travaillant à temps partiel (taux d’occupation inférieur à 90%) est passée de 27,4% en 1996 à 36,4% en 2018 (cf. graphique G3.13). Chez les hommes, cette part ne s’élève qu’à 17,0% (contre 8,3% en 1996) alors que chez les femmes, elle correspond à 58,6% (contre 52,2% en 1996). C’est dans le secteur tertiaire que le temps partiel est le plus répandu, avec 42,0% des personnes actives occupées, contre 33,2% dans le secteur primaire et 15,7% dans le secteur secondaire. 39,9% des personnes de nationalité suisse travaillent à temps partiel, contre seulement 26,1% des étrangers.
Augmentation des horaires de travail flexibles
En 2018, 45,2% des personnes salariées ont des horaires flexibles contre 41,9% en 2001. Sont considérés flexibles les modèles suivants: les horaires hebdomadaires ou mensuels avec ou sans heures bloquées, l’horaire de travail annualisé et les horaires non soumis à des prescriptions formelles. Ce type de modèle est plus répandu chez les hommes (50,2%) que chez les femmes (39,9%). Seul un tiers (36,5%) des personnes salariées ont des horaires flexibles dans le secteur primaire. Cette part est plus élevée dans le secondaire (47,4%) et dans le tertiaire (44,8%). Les salariés de nationalité suisse ont nettement plus souvent des horaires de travail flexibles que ceux de nationalité étrangère (48,7%, respectivement 36,2%).
Un cinquième des personnes actives occupées travaillent le samedi
En 2018, une personne active occupée sur cinq (19,7%) travaille régulièrement le samedi, ce qui correspond à une diminution de 4,3 points de pourcentage par rapport à 2001 (24,0%, cf. graphique G3.16). Une plus grande proportion de femmes que d’hommes travaillent le samedi (21,8% contre 17,9%). Dans le secteur primaire, plus de la moitié (58,2%) des personnes actives occupées travaillent le samedi, contre 8,9% dans le secondaire et 21,0% dans le tertiaire.
Une personne active occupée sur dix (10,2%) travaille le dimanche (femmes: 10,8%; hommes 9,6%). Ici aussi, le secteur primaire, avec 44,6%, se distingue nettement des secteurs secondaire et tertiaire (3,5%, respectivement 10,6%).
Tant en ce qui concerne le travail le samedi que le travail le dimanche, aucune différence entre les Suisses et les étrangers ne peut être observée.
Une personne active occupée sur vingt travaille la nuit
Une personne active occupée sur vingt (4,7%) travaille régulièrement la nuit, de 24 heures à 6 heures en 2018 (femmes: 3,7%; hommes 5,7%, cf. graphique G3.18). C’est dans le secteur primaire que la part des personnes travaillant la nuit (7,3%) est la plus élevée (secteur secondaire: 4,3%, secteur tertiaire: 4,8%). La proportion des personnes travaillant la nuit est légèrement plus grande chez les étrangers (5,2%) que chez les Suisses (4,6%).
Un salarié sur vingt travaille sur appel
5,4% des salariés travaillent sur appel en 2018 (cf. graphique G3.14). Ce taux évolue légèrement à la hausse (5,2% en 2001). Ce modèle de travail est nettement plus commun chez les femmes (6,2%) que chez les hommes (4,6%). Là encore, les salariés du secteur primaire, avec 10,4%, sont plus nombreux à travailler sur appel que ceux des secteurs secondaire et tertiaire (3,8%, respectivement 5,7%).
Une femme sur dix exerce plusieurs emplois
En 2018, 8,2% des personnes actives occupées ont plus d’un emploi (cf. graphique G3.17). Cette part a pratiquement doublé depuis 1996 (4,8%). Ceci est nettement plus courant chez les femmes (10,9%) que chez les hommes (5,9%). Les personnes de nationalité suisse ont plus fréquemment plus d’un emploi que celles de nationalité étrangère (8,9%, respectivement 6,4%).
Multiplication des contrats à durée déterminée
En 2018, 7,9% des salariés ont un contrat à durée déterminée, contre 5,7% en 1996 (cf. graphique G3.15). Le sexe ne semble pas jouer un rôle important dans ce domaine. C’est dans le secteur primaire, avec 13,5%, que la part d’employés ayant ce type de contrat est la plus élevée (secteur secondaire: 4,0%, secteur tertiaire: 8,8%). Ici aussi, la nationalité semble jouer un rôle: 9,4% des étrangers ont un contrat à durée déterminée, contre 7,3% des Suisses.
3.6 Vie professionnelle: risques au travail
En 2017, un peu moins de la moitié des personnes actives professionnellement étaient exposées à au moins trois risques physiques dans leur travail et une sur cinq était la plupart du temps ou toujours stressée. Les personnes exposées à de telles situations ont nettement plus de risque de déclarer un état de santé qui n’est pas bon.
Les risques physiques à un niveau élevé
En 2017, 45,5% des personnes actives professionnellement et âgées entre 15 et 64 ans étaient exposées dans leur travail à au moins trois risques physiques différents. Cette proportion, stable depuis 2012, est en hausse de 8 points de pourcentage par rapport à 2007 (cf. graphique G3.19).
Les risques ergonomiques (mouvements répétitifs, positions douloureuses, lourdes charges, etc.) sont en hausse comparé à 2007. Par exemple, 47,9% des personnes actives devaient en 2017 travailler dans des positions douloureuses ou fatigantes. Cette proportion, semblable à celle de 2012, est supérieure à celle de 2007 (34,3%).
Les femmes sont autant concernées que les hommes par les risques ergonomiques. Ceux-ci sont en effet fréquents dans des branches comme la santé ou le social, la restauration ainsi que le commerce, avec un emploi féminin important, et pas seulement dans l’industrie ou la construction, où domine l’emploi masculin.
Les risques environnementaux, comme le bruit ou les températures extrêmes, sont moins courants et ils concernent plus souvent les hommes. Il en va de même pour l’exposition aux produits toxiques ou nocifs.
Les moins de 30 ans sont plus exposées à un cumul de risques physiques que les personnes plus âgées (58,8% pour les 15–29 ans, contre à peine plus de 40% dès 30 ans). C’est aussi le cas pour les personnes avec un bas niveau de formation (75,5%, contre 26,0% pour celles avec une formation de niveau tertiaire). Quant aux personnes de nationalité suisse ou d’un pays de l’Europe du Nord et de l’Ouest, elles sont moins confrontées aux risques physiques que celles d’une autre nationalité (41,2% contre 65,1%).
Une personne sur cinq très stressée
Entre 2012 et 2017, la part des personnes actives exposées à au moins trois types de risques psychosociaux, liés à l’organisation du travail, a augmenté de 46,1% à 50,1% (cf. graphique G3.20). Cette croissance s’explique en particulier par l’augmentation de la part des personnes ressentant la plupart du temps ou toujours du stress à leur travail (de 17,5% à 21,2%) et de celle des personnes craignant de perdre leur emploi (de 12,7% à 15,9%).
Les hommes sont plus souvent confrontés que les femmes à un travail avec une demande ou une intensité élevées. Par contre, les femmes souffrent plus souvent que les hommes d’un manque d’autonomie, par exemple de l’impossibilité de prendre une pause quand elles le souhaitent (25,1% contre 18,0%). Les femmes sont également plus souvent que les hommes victimes de violences ou de discriminations (21,1% contre 17,5%). Cette différence s’explique par la part plus élevée de femmes déclarant avoir subi des discriminations liées à leur sexe. Il n’y a par contre pas de différence significative dans la part des femmes ou des hommes déclarant avoir subi du mobbing (7,7% contre 6,6%).
La part des personnes confrontées à au moins trois types de risques psychosociaux est plus élevée parmi les moins de 30 ans (57,9%), ainsi que parmi les hommes dont le niveau de formation ne dépasse pas la scolarité obligatoire (63,6%), alors qu’il n’y a guère de différence significative selon la formation parmi les femmes. Les personnes de nationalité suisse sont moins exposées au cumul de risques psychosociaux que celles de nationalité étrangère (47,1% contre 58,0%).
Des risques associés à une moins bonne santé
Les personnes exposées à un cumul d’au moins trois risques physiques, ou d’au moins trois types de risques psychosociaux, sont plus nombreuses que les autres à considérer que leur état de santé général n’est pas bon (cf. graphique G3.21). Les positions douloureuses et fatigantes, le stress et la crainte de perdre son emploi sont parmi les situations les plus associées à un moins bon état de santé. Ce lien entre conditions de travail et santé demeure lorsqu’on tient compte d’autres facteurs explicatifs, comme le sexe, l’âge, le niveau de formation ou la nationalité. Une moins bonne santé est elle-même un facteur pouvant contribuer à la fragilisation de la situation sociale.
3.7 Santé: état de santé
Les personnes sans formation postobligatoire déclarent plus fréquemment que celles avec une formation supérieure que leur état de santé n’est pas bon. Elles souffrent également davantage de détresse psychologique et de troubles du sommeil.
Santé auto-évaluée moins bonne parmi les personnes sans formation postobligatoire
Il est admis que la santé auto-évaluée est un bon indicateur de l’état de santé général, au niveau individuel comme au niveau de la population. Dans toutes les classes d’âge, chez les hommes comme chez les femmes, la manière d’apprécier son état de santé général varie nettement selon le niveau de formation Dans cette section, seules les personnes de 25 ans et plus sont prises en compte car la formation est en général achevée à cet âge. (cf. graphique G3.22). Les personnes qui n’ont accompli que la scolarité obligatoire qualifient beaucoup moins souvent leur état de santé de bon ou de très bon que celles qui ont une formation supérieure (66,4% contre 90,7%).
Une différence analogue s’observe également pour d’autres indicateurs de l’état de santé. Ainsi, près de 11,2% des personnes n’ayant accompli que la scolarité obligatoire ont un problème de santé qui les limite fortement dans leur vie quotidienne depuis au moins six mois, alors que ce n’est le cas que de 2,8% des personnes ayant une formation du degré tertiaire.
Il en va de même pour les troubles physiques. De manière générale, les personnes sans formation postobligatoire souffrent davantage de troubles physiques importants que les personnes ayant achevé une formation tertiaire (30,5% contre 17,3%). En particulier, les hommes et les femmes entre 45 et 64 ans ayant suivi uniquement l’école obligatoire souffrent plus souvent de maux de dos, de maux de tête ainsi que de sentiment de faiblesse généralisée.
Détresse psychologique élevée plus fréquente chez les personnes avec un bas niveau de formation
Un écart selon le niveau de formation s’observe également pour l’état de santé psychique. Ainsi, une détresse psychologiquemoyenne ou élevée est plus fréquente chez les personnes sans formation postobligatoire que chez les personnes ayant une formation du degré tertiaire (25,0% contre 11,4%, cf. graphique G3.23). Les différences sociales sont encore plus marquées lorsque l’on prend uniquement en compte la détresse psychologique élevée (8,7% contre 2,4%).
Progression différenciée des troubles du sommeil
La qualité du sommeil est un indicateur important de la qualité de vie et de l’état de santé d’un individu. Les personnes avec un niveau de formation correspondant à l’école obligatoire souffrent plus fréquemment de troubles du sommeil moyens ou pathologiques que les personnes ayant un niveau d’éducation tertiaire (femmes: 46,4% contre 27,7%; hommes: 42,6% contre 22,3%). La plus large disparité apparaît chez les hommes de 45–64 ans: la moitié des hommes sans formation postobligatoire de cette classe d’âge souffrent de troubles du sommeil moyens ou pathologiques contre près d’un quart pour ceux détenant un niveau de formation tertiaire (cf. graphique G3.24). En 5 ans, les troubles du sommeil ont progressé de 5 points de pourcentage pour arriver à 30,2% en 2017. Cette augmentation affecte plus particulièrement les personnes dont le niveau de formation ne dépasse pas la scolarité obligatoire (2012: 35,7%; 2017: 45,0%; niveau tertiaire 2012: 20,2%; 2017: 24,6%). L’écart entre les personnes qui ont un bas de niveau de formation et celles qui ont achevé une formation tertiaire s’est donc amplifié pour ce qui concerne les troubles du sommeil.
3.8 Santé: comportements en matière de santé
Les personnes avec un bas niveau de formation sont moins actives physiquement, fument davantage et souffrent plus souvent d’obésité que les personnes avec un niveau de formation élevé. La fréquence des privations pour raisons financières en matière de soins augmente également à mesure que le niveau de formation diminue.
Stabilité des différences selon la formation en matière d’obésité
Globalement, 12,3% de la population de 25 ans et plus souffrent d’obésité. Chez les femmes, les différences sont marquées selon le niveau de formation, dans toutes les classes d’âge (cf. graphique G3.25). C’est entre 45 et 64 ans que la différence est la plus prononcée: 27,4% des femmes n’ayant accompli que la scolarité obligatoire sont obèses, contre 7,4% parmi celles ayant une formation du degré tertiaire, soit 4 fois plus. Chez les hommes, ces différences selon le niveau de formation sont moins amples. Il n’y a pas d’évolution notable dans l’ampleur de ces écarts depuis 20 ans.
Augmentation générale de la part des personnes physiquement actives
L’activité physique protège de certains problèmes de santé, comme la surcharge pondérale, l’hypertension, les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’ostéoporose, ainsi que le cancer du côlon et du sein (OFSPO, 2013). 79,1% des personnes avec un niveau de formation tertiaire sont actives durant les loisirs contre 61,0% des personnes dont le niveau de formation ne dépasse pas la scolarité obligatoire (cf. graphique G3.26). Sur les 15 dernières années, la part des personnes suffisamment actives n’a cessé d’augmenter (2002: 59,3%; 2017: 74,6%). Cependant, l’écart selon le niveau de formation ne s’est réduit que parmi les hommes de 25–44 ans: la différence entre le niveau de scolarité obligatoire et le niveau tertiaire est passée de 20 points de pourcentage en 2002 à 10 points en 2017. Plusieurs facteurs influencent la pratique d’une activité physique durant les loisirs, comme par exemple le revenu, les conditions de travail ou encore le lieu de vie.
Diminution du tabagisme plus marquée chez les personnes avec une formation tertiaire
Une différence s’observe également en matière de tabagisme parmi les personnes entre 25 et 64 ans (cf. graphique G3.27). Dans cette tranche d’âge, les personnes avec un niveau de formation correspondant à l’école obligatoire sont davantage fumeuses que celles avec une formation tertiaire (36,7% contre 24,9%). L’écart est particulièrement marqué chez les hommes (43,4% contre 28,0%). En 20 ans, la part des personnes fumant 20 cigarettes par jour ou plus a presque diminué de moitié (1997: 40,3%; 2017: 22,4%). Mais la diminution est beaucoup plus marquée parmi les personnes qui ont achevé une formation tertiaire (1997: 32,5%; 2017: 14,6%) que parmi celles qui ont achevé uniquement la scolarité obligatoire (1997: 46,6%; 2017: 33,1%). Il existe également une différence en matière de tabagisme passif, même si l’exposition des personnes non-fumeuses à la fumée passive est en diminution depuis l’entrée en vigueur de la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif en 2010. Entre 25 et 64 ans, les personnes non fumeuses avec un niveau de formation correspondant à l’école obligatoire sont presque quatre fois plus exposées à la fumée passive que celles ayant achevé une formation tertiaire (11,0% contre 3,2%).
Personnes sans formation postobligatoire plus touchées par la privation de soins
La privation en matière de soins dentaires ou médicaux nécessaires mesure le fait d’avoir vraiment besoin d’un contrôle ou d’un traitement chez le dentiste ou le médecin et de ne pas y avoir accès par manque de moyens financiers. En 2017, 3,3% de la population résidante de 16 ans et plus ont été privés, pour des raisons financières, de soins nécessaires chez un dentiste ou un médecin. Il n’y a pas de différence selon le sexe. En revanche, la part des personnes qui sont en situation de privation en matière de soins est plus élevée parmi les personnes avec une formation du niveau de la scolarité obligatoire que parmi celles ayant achevé une formation tertiaire (6,9% contre 1,8%).
3.9 Santé: handicap
1,2 million de personnes vivent en Suisse avec un handicap au sens de la loi sur l’égalité. Deux sur trois sont actives professionnellement, souvent à temps partiel, et une sur quatre bénéficie d’une rente d’invalidité.
Environ 300 000 personnes font état de limitations sévères
Selon l’Enquête suisse sur la population active (ESPA) de 2017, 1,2 million de personnes de 15 ans et plus vivant à domicile déclarent avoir un problème de santé durable et être limitées (fortement ou pas fortement) dans les activités de la vie normale. Elles sont ainsi considérées comme ayant un handicap au sens de la loi sur l’égalité, (cf. glossaire). Parmi elles, 297 000 font état de limitations fortes (handicap sévère) et 717 000 ont entre 15 et 64 ans (cf. graphique G3.28). S’y ajoutent environ 130 000 enfants de moins de 15 ans et les personnes vivant dans des homes ou autres ménages collectifs.
L’âge, le sexe et la formation influencent le risque de handicap: ce risque augmente avec l’âge, diminue avec le niveau de formation (et si celle-ci est générale plutôt que professionnelle), et touche un peu plus les femmes (la différence avec les hommes se concentrant sur les situations de limitations légères) (cf. graphique G3.29).
Deux personnes handicapées sur trois sont actives professionnellement
Dans la population âgée de 15 à 64 ans vivant en ménage privé, 66,4% des personnes handicapées sont actives professionnellement (personnes en emploi ou qui en cherchent un, cf. graphique G3.30). Leur participation au marché du travail reste inférieure à celle des personnes sans handicap (86,7%), surtout si elles sont confrontées à des limitations fortes (37,2%). Hommes ou femmes, elles sont aussi plus souvent occupées à temps partiel, ce qui apparaît comme une stratégie pour participer au marché du travail malgré le handicap (cf. graphique G3.31). L’écart traditionnel entre hommes et femmes concernant le temps partiel fait que cette forme d’emploi est majoritaire parmi les femmes handicapées mais reste minoritaire parmi les hommes handicapés.
Le handicap n’est pas la seule raison des personnes handicapées à moins s’engager professionnellement. Même parmi celles avec des limitations fortes, seules 37,8% indiquent ne pas chercher de travail, resp. 11,4% travailler à temps partiel, pour des raisons de santé; et 21,5% disent avoir quitté leur dernier emploi pour des raisons de santé. Dans l’ensemble des 15 à 64 ans, ces chiffres ne dépassent pas 2,1%, 1,6% et 1,8%.
Une personne handicapée sur quatre touche une rente AI
Parmi les personnes vivant en ménage privé, 4,0% des 15 à 64 ans sont au bénéfice d’une rente de l’assurance-invalidité (AI) (cf. graphique G3.32). Ce chiffre augmente à 23,9% parmi l’ensemble des personnes handicapées et à 49,6% parmi celles fortement limitées. Il est en baisse par rapport à 2010. Ces résultats sont concordants avec la statistique de l’AI selon laquelle 218 688 personnes résidant en Suisse (y compris celles vivant en home) touchaient une rente au 31 décembre 2017. Les rentes AI ne dépendent pas seulement du handicap mais aussi du marché du travail: il faut avoir 18 ans et moins que l’âge pour l’ouverture du droit à l’assurance-vieillesse et survivants (AVS) et une incapacité de gain durable d’au moins 40% liée à un problème de santé pour y avoir droit. Une personne aveugle qui travaille n’est pas invalide.
La part de rentiers et rentières augmente avec l’âge (de 5,3% parmi les personnes avec handicap âgées de 15 à 24 ans à 33,3% parmi celles de 55 à 64 ans). Elle est aussi plus élevée parmi les hommes handicapés (27,5% pour 21,0% parmi leurs consœurs). Parmi les personnes avec handicap qui ont une rente AI, deux sur cinq perçoivent des prestations complémentaires en plus de la rente car cette dernière ne suffit pas pour couvrir le minimum vital. Les personnes avec handicap qui touchent une rente perçoivent en moyenne 1494 francs par mois de l’AI (allocations pour impotence comprises, sans indemnités journalières ni prestations complémentaires).
3.10 Conciliation emploi et famille
Si la grande majorité des mères travaillent aujourd’hui, la répartition des tâches professionnelles, domestiques et familiales est toujours inégale, surtout dans les ménages comptant des enfants: les mères travaillent souvent à temps partiel et assument la plus grande partie des tâches domestiques et familiales. Par ailleurs, les femmes étant plus présentes sur le marché de l’emploi, la demande en matière d’accueil extrafamilial des enfants a augmenté.
Les mères vivant dans un ménage de couple travaillent souvent à moins de 50%
Dans les ménages formés d’un couple avec enfants, dont les deux partenaires ont entre 25 et 54 ans, le modèle le plus fréquent est celui du père travaillant à plein temps et de la mère à temps partiel, suivi de celui du père à plein temps et de la mère sans activité rémunérée (cf. graphique G3.33). Dans les ménages comptant des enfants de moins de 13 ans, le modèle le plus souvent adopté est celui de la mère travaillant à moins de 50%. Lorsque l’enfant le plus jeune a entre 13 et 24 ans, c’est celui de la mère à un taux d’activité de 50 à 89% qui s’impose. En 2009, indépendamment de l’âge du plus jeune enfant, le modèle de la mère travaillant à moins de 50% était encore le plus fréquent. Dans une bonne moitié des couples dont le ménage ne compte pas d’enfant de moins de 25 ans, les deux partenaires travaillent à temps complet.
Les ménages composés de couples optent rarement pour le modèle dans lequel tous deux occupent un emploi à temps partiel. C’est dans les familles dont le plus jeune enfant a moins de 4 ans que ce modèle est le plus répandu: en 2009, il concernait 5,6% d’entre elles, et en 2017, 9,0%. Les mères vivant seules sont davantage actives occupées que les mères vivant en couple (83,7% contre 76,1%), et plus rarement à temps partiel (56,8% contre 60,6%). De plus, leur taux d’occupation est aussi en moyenne plus élevé.
Dans trois quarts des ménages avec enfants, les tâches domestiques reviennent principalement aux mères
Dans la plupart des ménages comptant des enfants de moins de 25 ans, ce sont principalement les mères qui assument le travail domestique (73,8%). Dans 3,3% des ménages seulement, ces tâches reviennent principalement au père. La répartition est plus égalitaire dans les ménages sans enfants de moins de 25 ans, puisque dans une petite moitié de ceux-ci, les deux partenaires y contribuent plus ou moins dans une même mesure. Indépendamment de la présence ou non d’enfants, la part des ménages dans lesquels les travaux domestiques sont un domaine principalement féminin augmente avec l’âge de la femme (cf. graphique G3.34). Par ailleurs, la grande majorité des femmes et des hommes affirme être très satisfaits de la manière dont les tâches domestiques sont réparties au sein de leur couple. Cette satisfaction dépend toutefois de la façon dont les tâches sont réparties (cf. graphique G3.35): tant chez les hommes que chez les femmes, elle est à son maximum quand les tâches sont partagées, ou que c’est l’autre partenaire qui s’en charge. Bien moins de personnes se disent «très satisfaites» parmi les hommes et les femmes qui assument l’essentiel des tâches domestiques, que le ménage compte ou non des enfants.
Plus de la moitié des enfants fréquentent régulièrement une structure d’accueil extrafamilial
Les femmes étant plus présentes sur le marché de l’emploi, la demande en matière d’accueil extrafamilial a augmenté. En 2014, 60,0% des enfants de 0 à 12 ans bénéficiaient d’une garde extrafamiliale ou extrascolaire. Ce taux est nettement plus élevé chez les enfants d’âge préscolaire (0–3 ans: 71,7%) que chez ceux d’âge scolaire (4 à 12 ans: 54,2%; cf. graphique G3.36).
Quel que soit l’âge des enfants, le mode le plus fréquent est la garde non institutionnelle, par des proches (parenté, connaissances, voisins) ou par des personnes employées de maison (nounou, au pair, babysitter): 51% des enfants de 0 à 3 ans et 39,7% des 4 à 12 ans sont gardés au moins une heure par semaine par des particuliers. La plupart du temps, les familles ont recours à cet accueil non institutionnel de 1 à 9 heures par semaine, c’est-à-dire pour un temps réduit.
Quant aux formes de garde institutionnelles – crèches, accueil parascolaire ou parents de jour –, 40,8% des 0 à 3 ans et 24,7% des 4 à 12 ans sont gardés (cf. graphique G3.37). Parmi les enfants d’âge préscolaire, 23,6% fréquentent une crèche ou une maman de jour entre 10 et 29 heures par semaine, 11,5% entre 1 et 9 heures et 5,7% 30 heures ou plus. Une fois atteint l’âge de la scolarité obligatoire (4 ans), la durée de la prise en charge institutionnelle diminue nettement. Enfin, les familles vivant dans de grandes villes et les mères élevant seules leurs enfants ont plus souvent recours à un accueil institutionnel qu’à un accueil non institutionnel, ce dernier étant plus fréquent dans les régions rurales.
3.11 Logement
Bien que de plus en plus de Suisses soient propriétaires de leur logement, 55% d’entre eux, soit la majorité, sont locataires. Ce sont surtout les chômeurs, les personnes à bas revenu et les étrangers qui sont touchés par des problèmes tels qu’une forte densité d’occupation ou une humidité excessive. À l’opposé, les plus de 64 ans et les hauts revenus occupent les logements les plus spacieux.
Parmi les personnes élevant seules leurs enfants, une sur six vit dans un logement surpeuplé
La population résidante suisse dispose généralement de logements suffisamment spacieux. La part de la population de 16 ans et plus vivant dans un logement surpeuplé (selon la définition d’EUROSTAT, cf. graphique G3.38) s’est élevée à 6,1% en 2016, et est restée stable par rapport à l’année de référence 2013. Les facteurs déterminants en la matière sont le revenu et la situation familiale ainsi que l’origine et le niveau de formation: parmi les ménages monoparentaux, une personne sur six vit dans un logement surpeuplé, et ce problème touche aussi de manière particulièrement forte le quintile de population au revenu le plus faible, les personnes sans formation postobligatoire, les ressortissants étrangers et les moins de 65 ans vivant seuls. À l’inverse, les personnes vivant dans des ménages percevant des revenus élevés et les personnes âgées (65 ans et plus) sont moins susceptibles de vivre dans des logements exigus.
Une personne sur neuf vit dans un logement trop humide
Afin de déterminer la qualité du logement, une question est posée au sujet d’éventuels problèmes d’humidité dans le logement, de défauts d’étanchéité du toit ou de moisissures sur les montants des fenêtres, les sols ou les murs. Dans l’ensemble de la population, 11,4% des personnes ont été confrontées à l’un au moins de ces problèmes en 2016 (un chiffre qui était de 10,7% en 2013). Ce sont surtout les personnes sans emploi, celles vivant dans des ménages monoparentaux, les ressortissants étrangers et les personnes vivant dans des ménages à bas revenus qui sont touchés (cf. graphique G3.39). La classe d’âge joue aussi un rôle significatif, puisque les plus de 65 ans sont les moins concernés, tandis que les moins de 50 ans en souffrent en moyenne davantage que les autres. Cette situation affecte d’autant plus le bien-être de ces personnes qu’un logement humide n’est pas seulement source d’odeurs pénétrantes, mais aussi de risques pour la santé.
Les chômeurs et les faibles revenus sont les moins satisfaits de leur logement
Les résidents suisses sont, dans l’ensemble, bien satisfaits de leur logement. En 2016, la satisfaction moyenne s’est élevée à 8,3 sur une échelle allant de 0 («pas du tout satisfait») à 10 («tout à fait satisfait») (cf. graphique G3.40). Les profils de satisfaction reflètent le fossé existant entre les personnes les plus aisées et les personnes les moins bien loties de notre société. Presque un cinquième des personnes au chômage et un huitième des faibles revenus et des étrangers sont plutôt insatisfaits de leurs conditions de logement (valeurs allant de 0 à 5 sur l’échelle de mesure), contre 6,5% dans l’ensemble de la population. Les personnes de moins de 65 ans vivant seules et celles sans formation postobligatoire sont elles aussi plus souvent insatisfaites de leur logement que la moyenne. Le rapport entre la situation en matière de logement (espace de vie, qualité du logement) et la satisfaction est évident: dans ces groupes de population, les conditions de logement défavorables se traduisent par un faible niveau de satisfaction.
À l’inverse, les personnes vivant dans des ménages percevant des revenus élevés et les personnes âgées (65 ans et plus) affichent les plus faibles taux d’insatisfaction (données sans illustration graphique). La satisfaction en matière de logement dépend aussi du statut d’occupation du logement: les propriétaires se disent nettement plus satisfaits que les locataires. Ces résultats diffèrent à peine de ceux de l’année de référence 2013.
En résumé, on observe que ce sont généralement les personnes à bas revenus, les chômeurs et les personnes d’origine étrangère qui vivent dans des conditions objectivement défavorables. Les personnes vivant seules et celles n’ayant pas de formation postobligatoire habitent souvent des logements surpeuplés. De ce fait, les groupes concernés par ces problèmes de logement en donnent une évaluation négative. Les personnes vivant dans des ménages monoparentaux et les groupes d’âge plus jeunes habitent certes de plus en plus souvent des logements surpeuplés ou humides, mais ils ne s’en déclarent pas excessivement insatisfaits.
3.12 Relations sociales et existence en général
Les personnes à bas revenus, les chômeurs ainsi que celles sans formation postobligatoire ou de nationalité étrangère déclarent plus souvent que la moyenne avoir peu de contacts sociaux et manquer de soutien dans leur vie de tous les jours. Par conséquent, elles se sentent souvent seules aussi.
Statut professionnel et situation financière influencent l‘intégration sociale
Les relations sociales sont essentielles au bien-être de l’individu. La fréquence des contacts sociaux montre dans quelle mesure les personnes interrogées sont insérées dans un réseau social informel. En 2016, 6,0% de la population de plus de 16 ans n’avait pas pu retrouver une fois par mois au moins des amis, des proches ou des membres de leur famille (cf. graphique G3.41). La moitié d’entre eux mentionnent des raisons économiques, et l’autre moitié d’«autres raisons». Le risque d’isolement social est particulièrement fort lorsque des groupes de population cumulent des facteurs de risque tels que problèmes de santé, âge avancé, manque de temps ou encore langue ou culture étrangère.
L’insertion sociale la plus faible s’observe dans le quintile de la population ayant les revenus les plus bas: la situation financière des ménages peut en effet peser fortement sur les relations sociales, soit qu’il leur faille renoncer, pour des questions de coûts, à certains loisirs, soit qu’une vie professionnelle astreignante, indispensable à leur survie financière, ne leur laisse que peu de temps pour les contacts sociaux. Ces derniers dépendent aussi de certaines ressources immatérielles: 14,0% des personnes au chômage et 12,0% des personnes sans formation postobligatoire ou d’origine étrangère manquent de contacts sociaux, autant de groupes qui comptent un nombre proportionnellement élevé de faibles revenus. Ces données montrent aussi que l’intégration sociale passe en grande partie par l’insertion dans un milieu professionnel. L’année de référence 2013 affichait des résultats semblables, si ce n’est que les étrangers étaient quelque peu mieux intégrés socialement.
Bénéficier d’un bon soutien social aide à affronter les difficultés de la vie et reflète la qualité des relations sociales. Au sein de la population résidante, 95% des personnes disent avoir de la famille, des amis ou des voisins à qui demander de l’aide morale ou matérielle en cas de problème, tandis que 5,0% n’ont pas vers qui se tourner (cf. graphique G3.42). Plus les contacts sociaux sont fréquents, moins le risque de manquer de soutien matériel ou moral est marqué. Les groupes de population auxquels manque ce soutien social sont en effet les mêmes que ceux qui ont déjà été identifiés comme groupes à risque pour ce qui est de l’insertion sociale: les personnes d’origine étrangère, celles sans formation postobligatoire, les bas revenus et les chômeurs. Ces résultats valent aussi pour l’année de référence 2013.
Sentiment de solitude pour 4,9% de la population
Le sentiment de solitude est lui aussi particulièrement présent dans les groupes mentionnés ci-dessus. Parmi les chômeurs, les personnes sans formation postobligatoire, les ménages monoparentaux et les personnes d’origine étrangère, la part des individus qui se sentent plutôt ou très souvent seuls se situe dans une fourchette allant de 8 à 15% (cf. graphique G3.43). Les personnes provenant de pays extraeuropéens sont particulièrement touchées (16,0%, donnée sans illustration graphique). Dans l’ensemble de la population, cette part s’élève à 4,9%. Elle a quelque peu augmenté depuis 2007, étant donné qu’elle était de 3,2% cette année-là.
Les personnes âgées particulièrement satisfaites de leur vie en général
La population âgée de 16 ans et plus est très satisfaite de la vie qu’elle mène, avec une valeur moyenne de 8,0 sur une échelle allant de 0 («pas du tout satisfait») à 10 («tout à fait satisfait»). Toutefois, 9,3% des personnes indiquent une satisfaction faible ou plutôt faible (valeurs allant de 0 à 5), et c’est chez les chômeurs que leur proportion est la plus élevée (cf. graphique G3.44). La part de personnes peu satisfaites de leur vie est aussi comparativement élevée parmi celles de moins de 65 ans vivant seules, tout comme chez les bas revenus et les personnes sans formation postobligatoire. Cette part diminue avec l’augmentation du niveau de revenu et de formation. Outre les personnes aux revenus élevés, ce sont surtout les personnes à la retraite, les couples sans enfants (en particulier s’ils sont âgés), mais aussi les moins de 18 ans qui affichent des taux de satisfaction particulièrement élevés pour ce qui est de leur vie en général. Le sexe, par contre, ne semble pas jouer de rôle: femmes et hommes sont généralement tout aussi satisfaits, ou insatisfaits, de leur existence.